mardi 25 novembre 2025

J'AI LU : LEFFE-TOI ET MARCHE !


Les Folles Enquêtes de Magritte et Georgette
Tome 5
Leffe-Toi et Marche ! 
Nadine Monfils
Editions Robert Laffont

Roman Policier - Cosy-Mystery - Littérature Belge

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)


Pour cette enquête, notre trio de détectives amateurs, le peintre René Magritte, son épouse Georgette et leur petite chienne Loulou, va partir pour Dinant afin de prospecter sur la disparition d'une amie de Georgette qui travaillait à l'Abbaye de Leffe. Ils vont séjourner chez des moines plutôt extravagants pour la plupart, aussi saugrenus que d'autres personnages rencontrés ci et là pour les besoins de leur enquête, y compris le commissaire Maricq ou la très envahissante Carmen, femme de ménage du couple qui aime particulièrement débarquer en pleine enquête, quel que soit le lieu où se déroulent les investigations des Magritte.

Jusqu'à présent j'ai beaucoup aimé ces enquêtes, cet univers. L'autrice connaissait le couple, et se sert de ce qu'elle en sait pour alimenter les caractères des personnages, avec diverses anecdotes. Mais dans ce roman-ci, bien que l'intrigue soit intéressante, j'ai tout trouvé en surabondance. Trop de références aux tableaux de Magritte, cela coupe le fil du suspense et découd l'intrigue, trop de personnages timbrés, de situations farfelues où l'humour tombe à plat.
J'ai aussi regretté l'emploi d'un langage vulgaire qui n'était absolument pas nécessaire. Le trait d'humour n'en est pas renforcé, bien au contraire, il s'atténue et perd son effet. Je n'y avais pas prêté attention dans les ouvrages lus auparavant ou tout du moins, cela ne m'avait pas gênée car moins fréquent. Un avis en demi-teinte, donc, pour cette aventure-ci, mais je n'abandonne pas la série, je tenterai une 5e lecture, j'espère retrouver tout mon enthousiasme pour cette saga. 

vendredi 14 novembre 2025

J'AI LU : LES FLEURS DU CRIME DE MONSIEUR BAUDELAIRE


Les Fleurs du Crime de Monsieur Baudelaire
Tome 1
La Femme sans Tête
Nadine Monfils
Editions Verso

Enquête Policière - Policier Historique -

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)


A l'instar du peintre Magritte et son épouse Georgette, (dont je suis une grande fan), autres héros détectives de Nadine Monfils, voici Charles Baudelaire en enquêteur, rôle inattendu pour ce poète (très) tourmenté. Et j'ai trouvé l'exercice nettement moins réussi que pour ses prédécesseurs. 

Charles Baudelaire rentre chez lui, après une nuit trop arrosée, et tombe sur un cadavre qu'il ne prend pas pour tel, au départ. Et quelle surprise le lendemain, quand Jeanne Duval, sa compagne, lui apporte le carton à chapeau qu'on a déposé sur son paillasson. Elle contient une tête, peut-être celle du cadavre rencontré la veille par le poète, sur le trottoir, en bas de son hôtel particulier de l'Île Saint-Louis...
Si le style de l'écrivaine et sa plume érudite accentuent le plaisir de lecture dans un premier temps, un surplus d'informations sur les personnages rend le suspense inefficace. On revient plusieurs fois sur le passé ou le caractère des protagonistes, ce que les uns pensent des autres, c'est redondant, cela alourdit et ralentit le récit, déjà ponctué par des extraits de poèmes de Baudelaire, mais le roman est davantage un hommage au poète plus qu'un roman policier.

Selon de très courts chapitres, on suit Baudelaire, Jeanne, Mimile, le Ratier, le père Gabriel... Et même, le célèbre Vidocq, ancien chef de la Sureté parisienne sous le 1er Empire. 
Le nombre de personnages "croustillants" donne un contrepied au roman qui finalement, serait très sombre dans l'atmosphère de ce Paris coupe-gorge, sale, étrange et sulfureux, plein d'alcool, de psychopathes, de cruauté et d'humour trop déjanté, où la noirceur fait partie du quotidien, ainsi que les petits métiers oubliés (cela vaut mieux pour certains). J'ai été lassée par le langage grossier, qui n'était absolument pas nécessaire. 
Quant aux "fleurs" de Monsieur Baudelaire, le lecteur retrouvera dans chaque enquête, une fleur qui jouera un rôle dans l'énigme, cette fois-ci  : la rose. Mais celle déposée par Jeanne sur le paillasson du poète a été oubliée par l'autrice, détail passé à la trappe.
Nadine Monfils dit elle-même que "Baudelaire puisait dans la boue pour en faire de l'or", en ce qui concerne ce roman, on est bien dans la boue, mais l'or n'a pas été éclatant, car peut-être trop éparpillé et décousu. Malgré les longueurs, le roman volontairement écrit sur un ton désenchanté, est, en ce sens là, plutôt réussi, ceci dû à la plume experte de l'autrice, mais je n'ai trouvé aucun personnage attachant.

Un mot tout de même sur cette couverture à la fois style BD et ancien cabaret de Montmartre : elle est canon, vous ne trouvez pas ? Mais hélas, ce joli travail éditorial ne rattrape pas ma déception. 

Citation : 

"Les moments de bonheur sont des sacs de billes dans lesquels on puise pour traverser nos malheurs."

samedi 1 novembre 2025

J'AI LU : TANTE BERTHE ET AUTRES TEXTES SUR L'IMPRESSIONNISME



Tante Berthe 
et autres Textes sur l'Impressionnisme
Paul Valéry
Editons 1001 Nuits
Essai - Art

MON AVIS



Ce sont de brillants essais de la part d'un non moins brillant auteur, sur d'éminents artistes, et sa vue sur l'art est on ne peut plus juste, pleine de bon sens. Paul Valéry éclaire d'autant plus le lecteur qu'il a connu certains impressionnistes, surtout ceux dont il parle, il les a côtoyés, et notamment Berthe Morisot, sa parente par alliance.

Deux essais sont donc consacrés à Berthe Morisot, puis un à Corot, un à Manet et un à Degas, sans oublier au passage d'autres artistes importants qui ont tant apporté à l'art et à l'histoire de l'art.
Le propos est abordé du point de vue de Paul Valéry, qui, sans être dans l'erreur ni l'exagération, ressent les oeuvres selon son propre point de vue.
L'art est subjectif, je ne suis absolument pas sensible aux œuvres de Berthe Morisot, je n'y vois pas ce que Valéry y voyait. L'art, ça se discute, justement. Pour moi, Morisot dénaturait, "éthérait" trop ses couleurs, mais ce n'est que mon avis, et cela ne concerne que cette artiste là, car j'aime l'impressionnisme. Mais je suis d'accord avec lui sur le travail de ces artistes, la manière dont ils exprimaient leur talent, la recherche de leur art, et admirative de la façon dont Valéry en parle, car c'est explicite, compétent, avisé, approfondi et vraiment beau. 
Ces essais sont très enrichissants, j'ai pris beaucoup de plaisir à les lire. La préface est de l'arrière petit-fils de l'écrivain, Alexandre Valéry, qui a décidé de regrouper ces textes d'une extraordinaire délicatesse. 
Un moment de lecture hors du temps.


Extrait : 

Monet, unique par la sensibilité de sa rétine, analyste extrême de la lumière, et comme maître du spectre ; Degas, dominé par l'intellect, poursuivant âprement la forme (et même la grâce), par la rigueur, la critique implacable de soi, qui n'excluait point celle des autres, et une méditation perpétuelle de l'essence et des moyens de son art ; Renoir, tout volupté et tout naturel, voué aux femmes et aux fruits ; Ils n'eurent de commun que la foi en Manet et la passion de la peinture.