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samedi 24 octobre 2026

J'AI LU : LES ENQUÊTES DE RENOIR ET MONET - T2 : L'AUBERGE DU CLOU


Les Enquêtes de Renoir et Monet
Tome 2
L'Auberge du Clou

Léonie Vilbert
Editions J'Ai Lu

Roman Policier - Cosy-Mystery - 
Littérature Française - Policier Historique -

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Nombre d'étoiles sur 5 : ****


Nous sommes en 1864 à l'auberge du Clou, (voir en bas de la chronique), dans le 9e arrondissement, aux abords de Montmartre (18e), juste au coin de la rue Trudaine et de la rue des Martyrs. L'action se déroule dans un Paris embourbé dans les travaux du Baron Haussmann. Cette auberge est le refuge des artistes fauchés qui paient leurs repas en accrochant leurs toiles au mur. Paul Tomashet, le patron, remarque un étrange manège dans son auberge à propos de ces tableaux. C'est alors qu'un célèbre peintre belge entre en scène et demande aux jeunes Monet et Renoir de démêler ce nœud gordien, car plusieurs habitués disparaissent ou sont assassinés...

J'avais beaucoup aimé la première enquête de ces deux illustres artistes impressionnistes reconvertis en détectives amateurs dans leur jeunesse, et je crois que j'ai encore plus apprécié la deuxième ! 
Le roman est construit entre deux temporalités qui s'entremêlent un chapitre sur l'autre. L'une se déroule dans l'auberge du Clou, avant la découverte de l'assassin, entre le 4 et le 10 janvier et l'autre le 11 janvier, au 36 Quai des Orfèvres, dans les bureaux de la Sûreté parisienne. 

Le mystère reste total avant le dénouement, auquel on ne s'attend absolument pas avec un numéro à la Hercule Poirot, méticuleusement concocté et interprété par Pierre-Auguste Renoir et Claude Monet. Un véritable bonheur de lecture, malgré quelques petits détails légèrement "capillotractés" par l'auteur. Mais le récit est vraiment bien tricoté, immersif et palpitant, les caractères des personnages sont bien développés, le Paris de l'époque est parfaitement dépeint, et j'ai hâte de lire une troisième enquête de ces deux enquêteurs hors pairs. 

Juste une petite interrogation, mais je pense que l'auteur a certainement fait des recherches à ce propos et n'a pas écrit d'erreurs concernant l'alcool dans les bureaux de la Sûreté : est-ce que l'on pouvait vraiment servir du whisky ou du vin  aux personnes qui venaient faire une déposition ? Le roman se déroule en 1864, c'est peut-être possible. Idem pour le tabac, tout le monde roule des cigarettes, fume partout et plus qu'énormément. Tellement que le roman n'est qu'atmosphères enfumées ! C'est peut-être un peu excessif...

LIENS : 
Une publication très intéressante sur L'Auberge du Clou, lieu du roman, aujourd'hui hélas disparue, mais l'adresse existe toujours, clic sur : Montmartre Secret

Et si vous souhaitez en savoir un peu plus sur le mystérieux auteur des enquêtes de Renoir et Monet (Léonie Vilbert est le pseudonyme d'un célèbre auteur de romans policiers)  : clic
 

lundi 19 octobre 2026

J'AI LU : LE CIMETIERE DE VENISE


Le Cimetière de Venise

 Une Enquête de Canaletto 

Matteo Strukul

Editions Nisha Et Caetera

Policier Historique - Thriller - Littérature Italienne 

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Nombre d'étoiles sur 5 : ***


À Venise, par un petit matin d'hiver glacial, on retrouve le corps d'une jeune femme dans le Rio dei Mendicanti, et comble de l'horreur : on lui a arraché le coeur. Consécutivement à cette triste découverte, le célèbre peintre védutiste Giovanni Antonio Canal, dit Canaletto, est convoqué au Palais des Doges, d'abord par l'inquisiteur, qui trouve étonnant que le peintre, qui a l'habitude de représenter les beaux quartiers de la Sérénissime, soit venu peindre ce quai et ce rio de Cannaregio où l'on a trouvé le cadavre. Puis par le Doge lui-même, qui pose cette étonnante question : pourquoi a-t-il peint ce groupe de trois hommes sur le quai du rio Mendicanti, dont l'un porte une redingote couleur ocre ? (Voir tableau au bas de la chronique).

A la demande du Doge, le peintre devra mener l'enquête à savoir pourquoi cet homme qui boîte se trouvait là au moment où il a peint son tableau. Il lui faudra suivre le boiteux sans être vu, et c'est là qu'une étrange enquête commence... 

Canaletto va se faire aider par des amis, un ancien maréchal qui va lui apprendre à faire l'espion, sa fille, Charlotte von Der Schulenburg, verrière qui conçoit des lentilles et des longues-vues très performantes, et Owen MacSwiney, un Irlandais qui a ses entrées un peu partout... Mais l'artiste va vite s'apercevoir qu'il a affaire à quelque chose qui le dépasse. 

Un thriller, à la fois angoissant et captivant, qui malgré son rythme lent, entraîne le lecteur des palais aux bas-fonds de la Sérénissime, et Canaletto se révèle un excellent détective ! J'aime Venise, (mais la connait-on jamais complètement ?) ses sestières et ses calli, ses campis et sa Piazza, et c'est très agréable de pouvoir situer les lieux des actions, l'auteur n'est pas avare de détails géographiques et historiques. J'ai particulièrement apprécié ces précisions exactes dans le roman.
La plume décrit Venise comme une toile de Canaletto, avec un vocabulaire poétique et immersif. 
L'auteur, dans un souci d'authenticité, même si le récit est fictif, n'a pas hésité à introduire plusieurs personnages réels, contemporains et amis de Canaletto, comme Owen MacSwiney, par exemple. Ce qui rend l'histoire encore plus intéressante. 
Une histoire née d'une simple silhouette sur une toile de Canaletto... 

Giovanni Antonio Canal - dit Canaletto
Le Rio dei Mendicanti 1723-24




Autoportrait présumé de Canaletto (1697-1768)
Abbaye d'Anglesey


lundi 5 octobre 2026

J'AI LU : LE CABINET DES ILLUSIONS - TOME 3 : ENQUÊTE A LONDRES 1918


Le Cabinet des Illusions 
Tome 3
Enquête à Londres,1918

Jean-Luc Bizien
Editions Maison Pop

Roman Policier - Policier Historique - Littérature Française

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Nombre d'étoiles sur 5 : ****


Après Vienne en 1902 et Venise en 1908, la plume immersive de l'auteur nous entraîne à Londres, en 1918, où d'effroyables crimes que l'on impute au retour de Jack l'Eventreur sont perpétrés, 30 ans après les premiers assassinats, et terrorisent la population. Scotland Yard patauge dans cette affaire tout comme les bas-fonds de la ville s'enlisent dans le brouillard le soir venu. Le hic est que la presse émet des soupçons sur les magiciens Chung Ling Soo, alias William Robinson, et son rival Ching Ling Foo. Notre magicien va se produire au Théâtre de l'Hippodrome, dans le West End, mais il est sincèrement inquiet pour toutes ces femmes qui risquent leur vie le soir venu, dans les rues de Whitechapel...

Une certaine mélancolie plane sur ce récit. Certains passages introspectifs ralentissent l'action et le lecteur s'égare de manière répétitive dans l'esprit du magicien et dans ces questionnements qui envahissent les premiers chapitres : le moral du magicien, son état d'esprit, celui de son entourage, le but de sa double vie...
Un spleen et une atmosphère en phase avec le contexte de l'époque tourmentée à laquelle se déroule le roman.
Mais à un certain moment, l'enquête décolle enfin et elle est passionnante ! Mon intérêt s'est véritablement affirmé à partir de la moitié du livre où l'on retrouve toute l'émulation qui fait les enquêtes de Chung Ling Soo depuis sa première : mystère historique, magie, suspense et émotion... 
Le récit met donc un peu de temps à devenir addictif, mais l'univers est toujours aussi riche, fabuleux et même étrangement fascinant. Alors le lecteur ne lâche plus le livre jusqu'au point final et même au delà de l'épilogue car Jean-Luc Bizien nous éclaire sur les détails historiques. Mais hélas, le rideau tombe sur cette trilogie et je vais regretter ce héros original et attachant ainsi que toute son équipe.
Cette trilogie est, et restera, un très bel hommage à William Ellsworth Robinson, alias le très grand magicien Chung Ling Soo. 
A kind of magic... ✨ 

lundi 21 septembre 2026

J'AI LU : LES DISPARUS DE BLACKMORE


Les Disparus de Blackmore

Henri Loevenbruck 

Editions XO / le Livre de Poche

Thriller - Roman Policer Historique - Littérature Française

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Nombre d'étoiles sur 5 : ****

C'est une jolie plume, très agréable à lire, qui entraîne le lecteur sur un bateau vers une île inconnue, au large de Guernesey... L'île de Blackmore, où ce vent que l'on appelle "le murmure des brumes" ne cesse jamais. 
Nous sommes en 1925, Lorraine Chapelle, première femme criminologue française, est appelée par Lord Waldon, un ami de sa mère, pour élucider la disparition soudaine de sa petite fille, Margaret, qui travaillait à l'Armée du Salut. À son hôtel, elle rencontre Edward Pierce, détective de l'étrange, lui même sollicité par son ami le père Molloy, prêtre de la paroisse, afin de l'aider à élucider les sombres secrets de cette île si étrange où meurtres et disparitions font piétiner la police et sèment la terreur parmi la population. Mais la mission ne va pas être de tout repos ! 
L'auteur a dû avoir un immense plaisir à créer cette île, (inspirée par l'île d'Aurigny) ses noms de rues, ses bâtiments, ses monuments, ses phares, ses falaises, ses criques, ses plaines, ses habitants, ses quatre mégalithes... Et sa singularité. Pour tout ce qui entoure l'histoire, des mythologies celtiques aux motos des années 20, il s'est formidablement documenté et le fil de l'histoire tient le lecteur en haleine. 

Voici le genre de roman que l'on n'a plus envie de lâcher dès qu'on le commence, même ou surtout, s'il flotte comme un petit parfum lovecraftien. Dans l'opacité de l'énigme, le suspense monte fébrilement, et l'on sent tout doucement s'infiltrer une angoisse pendant les festivités de cette "Blackmore week" dont le dernier jour est celui d'All Hallows Eve, c'est-à-dire Halloween. Quelque chose de bizarre couve au fil des pages, et le dernier quart du livre est impulsivement fébrile... et là, je peux vous certifier qu'on ne lâche plus le roman avant de l'avoir terminé. Lecture addictive, mystère garanti ! 
Si je vous le recommande ? Mille fois oui ! 


Citation :

"Les gens qui viennent à la Bibliothèque Glover sont souvent pressés. Ils cherchent un titre précis, qu'ils ont besoin de trouver aisément. Et puis la plupart sont un peu idiots. Mais ici, on n'a pas le droit d'être pressé. Ni d'être idiot. Dans un bibliotaphe, on ne vient pas chercher un ouvrage, on vient le rencontrer ! "
 

dimanche 13 septembre 2026

J'AI LU : LA FORTUNE SOURIT AUX DISPARUS


La Fortune Sourit aux Disparus

Une Enquête de Pentecost et Parker

Stephen Spotswood

Editions le Livre de Poche

Roman Policier - Policier Historique -
 Cosy-Mystery - Littérature Américaine


MON AVIS
 (Sans Divulgâcher)

Nombre d'étoiles sur 5 : ***

Après une entrée en matière fort sympathique avec la manière dont se sont connues les deux détectives, le lecteur entre dans le vif du sujet : une enquête ! 
Nous sommes à New-York en 1945, la célèbre détective privée Lilian Pentecost est atteinte de sclérose en plaques, sa maladie l'handicape et la fatigue, ce sera donc l'ancienne employée de cirque, l'intrépide Willowjean Parker qui crapahutera pour elle. L'une et l'autre sont de perspicaces détectives. Lilian est la tête et Will est donc plus souvent les jambes. Les voici entamant une mission délicate : élucider le meurtre d'une jeune veuve de la haute société new-yorkaise tuée d'un coup de boule de cristal, le soir d'Halloween... Mais les investigations pourraient s'avérer dangereuses avant de soulever quelques secrets bien enfouis...

Le récit est agréable et l'intrigue plutôt intéressante, les personnages bien construits, (juste un bémol : la traduction du roman laisse à désirer dans les premiers chapitres : mauvaises constructions de phrases dans un français correct, mélange du mode imparfait et du présent, dans la même action. Ces imperfections nuisent à la qualité du texte, mais heureusement, cela ne dure pas).  
Malgré quelques petites longueurs, par endroits, j'ai vraiment bien aimé cette enquête dans l'ambiance du New York des détectives privés de l'après-guerre, entre les filatures et les déductions de Will Parker. Car c'est Will la narratrice de cette histoire un peu ésotérique sur les bords.  L'accent est mis sur les droits des femmes, la misogynie, l'homosexualité...  
Ces deux enquêtrices modernes ne manquent pas de piquant ni d'intelligence, et le roman est astucieux car les propos et la manière d'aborder les sujets ne sont pas "décalés" par rapport à l'époque. 
Un cosy-murder plutôt original qui se laisse lire agréablement malgré les petits défauts dûs à la traduction dont je parlais plus haut... 
Je vous le conseille, c'est une belle surprise ! 

Citations : 

"Wallace me dévisagea en plissant les yeux, comme s'il tentait de déterminer à quelle espèce de volatile j'appartenais : pigeon, tourterelle ou autre". 

"Ms Pentecost fronça Les sourcils. Elle détestait avoir des trous dans la biographie d'une victime. L'expérience lui avait montré que c'était là que les assassins aimaient se dissimuler."

"Quand quelqu'un en fait des tonnes pour me prouver que tel ou tel était un saint, je me demande toujours quels péchés il essaie de camoufler." 

jeudi 3 septembre 2026

J'AI LU : LA MUSE ROUGE


La Muse Rouge
Une Enquête de Victor Dessange

Véronique de Haas
Editions Fayard Poche

Roman Policier - Littérature Française - Policier Historique


MON AVIS
(Sans Divulgâcher)



Nombre d'étoiles sur 5 : **

Nous voici dans le Paris de 1920, au lendemain de la Première Guerre Mondiale. Victor Dessange, vétéran de la Première Guerre mondiale, a intégré la Criminelle au 36 Quai des Orfèvres. La France vit au rythme d'une intense agitation sociale et politique, entre les grèves à répétition et la dure répression gouvernementale. Paris s'agite entre Apaches et anarchie. Les meurtres successifs de prostituées ne sont pas des enquêtes prioritaires, jusqu'à l'assassinat dans une maison close, d'un "client", un diplomate de la République de Chine.

J'ai eu un peu de mal à entrer dans le roman, et à m'attacher aux protagonistes, peut-être à cause du trop grand nombre de disgressions sur leur vie privée. Les histoires en parallèle rendent l'ensemble confus, dispersé, le tout dans un manque de dynamisme pesant. l'esprit de certains personnages est un peu "cliché", sans compter les nombreux renvois en bas de page, pour prouver l'authenticité de certains faits ou sources vérifiées, mais ceci n'est pas ennuyeux à vrai dire, ce qu'il l'est, en revanche, ce sont ces restitutions historiques sans effet romanesque. Sans oublier quelques erreurs de sens des mots, (comme le bouvier qui est un berger de bovins et non l'employé d'un abattoir).
Un anachronisme de taille  m'a fait bondir page 63 : en 1920, la police scientifique n'utilisait absolument pas de gants en latex pour la bonne raison qu'ils n'existaient pas. 
Quant aux dialogues de poulbots en phonétique, quelle idée ! Des défauts et des longueurs, donc, mais aussi et heureusement : des qualités. L'autrice a fourni un travail de recherches et de documentation particulièrement impressionnant, pour un récit assez réaliste par une plume agréable. Mais j'ai appris que le prix du Quai des Orfèvres est décerné par un jury de policiers et de magistrats, non par des écrivains. 
Une lecture en demi-teinte ...

mardi 18 août 2026

J'AI LU : LE MEURTRE D'HARRIET MONCKTON


Le Meurtre d'Harriet Monckton
Elizabeth Haynes

Editions le Livre de Poche

Roman Policier - Policier Historique - Littérature Anglaise

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Nombre d'étoiles sur 5 : **


Le meurtre d'Harriet Monckton a eu lieu le 7 novembre 1843, dans une Angleterre corsetée dans les principes de la vie du 19e siècle, dans une société hypocrite et sexiste. La jeune et jolie institutrice a été retrouvée assassinée par ingestion d'acide prussique, derrière une chapelle de Bromley, dans le Kent. 
Dans ce huis clos, Elizabeth Haynes a retracé les faits réels, mené l'enquête, reconstitué les dernières heures de la victime avec sa propre imagination et à travers les yeux des proches d'Harriet Monckton. Chaque personnage prend le relais pour partager ses impressions. 
Le travail est remarquable de la part de l'écrivaine, mais j'ai trouvé quelques incohérences, notamment sur le caractère de la victime, surtout parce qu'elle avait une certaine éducation, les défauts octroyés sont incompatibles avec la société victorienne. Les pensées fictives des personnages sont assommantes, et même si la fin est plutôt surprenante, originale, et plutôt bien pensée, ce roman de 550 pages aurait été plus efficace en 250, car on tourne en rond, longtemps...

Petit aparté : J'ai un petit problème avec le fait de ne plus voir les apostrophes devant les prénoms commençant par un H. C'est quoi cette nouvelle mode ? Le Meurtre "de Harriet Monckton", j'écris et prononce "d'Harriet Monckton". On a l'impression que la société ne sait plus parler.

lundi 17 août 2026

J'AI LU : ABSINTHE - L'AFFAIRE GOUFFE


Absinthe - L'Affaire Gouffé
Yann Botrel

Editions J'AiLu

Roman Policier - Littérature Française - Policier Historique

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Nombre d'Etoiles sur 5 : **


La Malle à Gouffé... J'avais longuement entendu parler de ce fait divers historique, et voici le roman, préfacé par Christophe Hondelatte, qui nous plonge dans cette chronique judiciaire du Paris de 1889, et le récit nous est conté par... Emile Zola lui-même ! Remontons le temps...

Toussaint-Augustin Gouffé, huissier parisien à la vie dissolue et aux affaires louches, disparait subitement. Quelques jours plus tard, un corps est retrouvé dans une malle abandonnée en pleine campagne lyonnaise. Le récit nous entraine aux prémices de la médecine légale et des balbutiements de la police scientifique, mais il manque cruellement de suspense, car il s'apparente à une chronique judiciaire plus qu'à un roman policier.

Dès les premières pages, le lecteur est tout de suite happé par l'histoire. La plume est érudite et très agréable à lire mais elle est hélas inégale. Le récit est fort bien documenté sur cette affaire rocambolesque et sordide de la IIIe République. La plume qui m'avait beaucoup plu dès le début devient plus "journalistique", elle charme moins et le récit se perd dans des à-côtés sans grande utilité, sans rapport avec l'affaire. Les dialogues sont par moments un peu surjoués. Certains "rebondissements" n'ont pas vraiment d'intérêt.
Le roman est à découvrir pour qui n'a eu que peu d'échos sur la malle à Gouffé, mais il n'est hélas pas prenant.

lundi 22 juin 2026

J'AI LU : SA MAJESTE MENE L'ENQUÊTE - T5 : PAS DE VAGUES SUR LE BRITANNIA


Sa Majesté Mène l'Enquête
Tome 5
Pas de Vagues sur le Britannia

S.J. Bennett

Editions Les Presses de la Cité

Roman Policier - Littérature Anglaise - Cosy-Mystery

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Nombre d'étoiles sur 5 : *****
Coup de Coeur ! 💖


A bientôt 35 ans, la reine Elizabeth II règne depuis 9 ans sur le Royaume-Uni et le Commonwealth. Contrairement aux trois premiers tomes de la série où on la retrouvait dans les années 2010, le tome 4 entraînait déjà le lecteur en 1957, et dans cet opus, nous voici en 1961. 
C'est à bord du train royal qui emmène la reine et le duc d'Edimbourg, suivis de sa soeur, la princesse Margaret, et l'époux de celle-ci, Tony Armstrong-Jones, en direction de Liverpool, qu'un premier mystère apparait. Sandra Pole, une people futile, désagréable et excentrique, remplace une des dames de compagnie de la princesse Margaret. Au cours d'un dîner où Sandra boit un peu trop, et où elle quitte la table royale, elle voit deux hommes balancer un cadavre dans la campagne anglaise. Elle se confie à Joan, la secrétaire de la reine. Mais comment croire cette extravagante personne ?

As always, Sa Majesté va investiguer officieusement, épaulée par Joan, et mettra les enquêteurs officiels sur la bonne voie pour résoudre l'énigme. Car la reine comprend vite l'enjeu de ce qu'il se passe, et dans la dernière partie du roman, elle embarque pour Venise, sur le Britannia, le célèbre yacht royal. Et là... Que de péripéties l'attendent... Si la reine est la tête pensante et la stratège, Joan incarne l'action, elle est les jambes. Et la mission est des plus périlleuses, digne de James Bond ! Sueurs froides garanties. Quant au twist final, il est des plus jubilatoires, je ne l'ai pas vu venir.

L'intensité du suspense ne faiblit pas, même si l'intrigue avance lentement, le lecteur est captivé et l'atmosphère du roman est très agréable et so british. 
Cette série policière est écrite avec respect envers Elizabeth II et la famille royale, ce qui rend les romans totalement crédibles et passionnants. S. J. Bennett n'a pas oublié l'humour, surtout dans les réparties du prince Philip. Qui aime les Windsor, aimera ces romans policiers !

vendredi 5 juin 2026

J'AI LU : JULES VERNE ET LE GENTLEMAN CAMBRIOLEUR


 Jules Verne et le Gentleman Cambrioleur

Céline Ghys
Editions Mon Poche

Roman Policier - Littérature Française - Policier Historique

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Nombre d'Etoiles sur 5 : ***

Entre "Jules Verne contre Nemo" et "Jules Verne et le Secret de la Tour Eiffel", il y avait "Jules Verne et le Gentleman Cambrioleur", que je n'avais pas encore lu, c'est désormais un plaisir accompli. La plume de l'autrice est toujours aussi agréable à lire et l'intrigue intéressante bien que le suspense soit assez modéré.
Un gentleman cambrioleur, aussi futé et intrépide qu'Arsène Lupin, sévit depuis quelques temps dans les quartiers huppés d'Amiens. Mais le jour où le commissaire Gamardin lui impute un crime, il n'est absolument pas d'accord et le fait savoir. Ce nouveau commissaire, un butor primaire et mal éduqué, remplace ce cher Gaston Chastagnol (lire Jules Verne contre Nemo) et ses techniques avant-gardistes pour l'époque, expatrié aux Etas-Unis. Et après un coup d'éclat du Gentleman Cambrioleur, Gamardin va accuser qui ? Jules Verne ! 

L'écrivain va devoir se disculper, mais il n'est pas seul à vouloir faire la lumière sur l'identité du voleur d'une part, et celle de l'assassin d'autre part, car ce sont bien deux personnes distinctes. Pour mener à bien  cette enquête, Jules Verne aura trois acolytes, aussi dégourdis qu'astucieux : Lucien un jeune journaliste qu'il héberge chez lui, l'inspecteur Maurice Perrin, ancien collaborateur de Chastagnol et la jolie Josefa Cagliostro.

Toujours extrêmement bien documentée sur Amiens à l'époque de Jules Verne, l'autrice nous fait voyager temporellement, sans oublier de parler picard.
L'histoire est bien pensée, les protagonistes intelligemment choisis. Mais j'ai un bémol à déplorer : la psychologie d'un des personnages importants du roman est tellement grotesque  qu'elle nuit à toute crédibilité envers ce même personnage. Davantage de subtilité et de nuance dans son caractère aurait permis de ne pas faire sauter la puce à l'oreille du lecteur, l'histoire aurait gagné en mystère et cela aurait mieux servi le roman, néanmoins assez prenant. 
Les surprises de la fin concernant deux personnages sympathiques sont un joli clin d'oeil à un auteur contemporain de Jules Verne.
J'aurai toujours plaisir à lire un roman de Céline Ghys, j'attends la parution d'une quatrième enquête de ce cher Jules ! 

lundi 11 mai 2026

J'AI LU : JULES VERNE ET LE SECRET DE LA TOUR EIFFEL


Jules Verne et le Secret de la Tour Eiffel
Céline Ghys
Editions Fayard

Policier Historique

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Nombre d'étoiles sur 5 : *****

Coup de Cœur ! ❤️ 

La splendide illustration de couverture donne le ton : la construction de la tour Eiffel est liée à de sombres secrets... 
Tout commence avec la découverte du cadavre d'un noyé dont le lecteur a suivi l'assassinat perpétré par d'étranges spectres encagoulés. Jules Verne, en séjour chez son nouvel éditeur parisien, rencontre le médecin légiste qui a autopsié le corps retrouvé dans la Seine, près du Champ de Mars. Et c'est là que l'envie d'enquêter revient à l'écrivain...  Il commence par rendre visite à Gustave Eiffel, avec qui il se trouve de nombreux points communs, notamment, cette vision d'un Paris moderne. Mais comme Jules Verne n'enquête jamais seul, c'est donc en compagnie de la jeune et fougueuse Valentine Eiffel, fille du grand ingénieur, et de Félix Ebelmen, le légiste, qu'il va découvrir tous les dessous de ces mystères particulièrement macabres. Car ce premier assassinat ne restera pas le seul... 
Quel est le lien entre ces victimes ?
Crimes en série autour de la construction de la célèbre Tour, l'affaire va prendre son ampleur. Le Paris de l'époque et ses atmosphères sont particulièrement bien retranscrits, il en va de même au sujet des protagonistes qui ont existé, le reste est une histoire tricotée avec talent, le tout pour emporter le lecteur dans une intrigue époustouflante. 
Même si les soupçons montent sur l'identité de l'assassin, dont la révélation fut, pour ma part, moins inattendue qu'escompté, j'ai vraiment beaucoup aimé cet excellent roman policier. La plume passionnée de Céline Ghys m'embarque à chaque fois, pour une aventure vraiment prenante, avec une bonne dose de suspense. Le final est brillant, intelligent, à l'instar de tout le récit, immersif et savamment documenté. 
Minuit l'heure du crime... On ne croit pas si bien dire quand on débute la lecture de ce roman que je vous conseille ardemment : vous ne lâcherez pas le livre avant de l'avoir terminé ! 
Une pépite  !

Citations :

"L'homme a toujours eu besoin d'un chef pour le conduire. Quand c'est par une saine autorité, le peuple ne craint rien, mais lorsque le guide est animé de sombres desseins, c'est une tout autre histoire. Minuit est un charmeur de rats. Et ses disciples sont devenus des loups car il a su les séduire avec son projet mortifère. 
- Tout va bien Jules ? Vous semblez soudain pâle. 
- Oui Valentine. Je songeais seulement à la faiblesse de certains hommes qui sont capables de suivre aveuglément un individu maléfique." 

"Une lune d'ivoire éclairait Paris, ajoutant une teinte métallique à la lueur verdâtre des becs de gaz. ... /... Le fleuve était magnifique dans cette lumière. En amont les réverbères du pont Notre-Dame et du pont d'Arcole projetaient leurs feux sur la surface de l'eau comme des milliers d'étoiles sur un ciel d'encre."

dimanche 5 avril 2026

J'AI LU : LE CABINET DES ILLUSIONS - ENQUÊTE A VENISE 1907


Le Cabinet des Illusions
Tome 2
Enquête à Venise
Jean-Luc Bizien

Editions MaisonPop

Roman Policier Historique - Littérature Française

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Nombre d'Etoiles sur 5 : *****

Coup de Coeur ! ❤

 

Après Vienne, retour dans le Cabinet des illusions, cette fois à Venise, en 1907 ! Au Teatro Rossini, d’étranges incidents viennent perturber les répétitions du spectacle de Chung Ling Soo. Le légendaire magicien "chinois" et son équipe sont victimes de mystérieux troubles : on sabote les accessoires, des ombres rôdent du théâtre jusqu'au palazzo où ils ont élu domicile et où les murs ne semblent pas être protecteurs. Mais Venise n'est-elle pas la cité des masques ?  Pour Paolo, le vieux gardien, il n’y a aucun doute : le Fantôme de l’Opéra est de retour ! Mais c'est compter sans l'esprit totalement cartésien de Chung Ling Soo, alias William Robinson et de son ami et régisseur Franck Kametaro, les trucages, ils connaissent ! 
C'est encore un page-turner que ce tome 2 du Cabinet des Illusions ! On ne peut pas lâcher le roman, on le lit quasiment d'une traite tant le suspense tient le lecteur en haleine. Et tout y est : un récit immersif, le mystère, la magie, une palpitante intrigue, des secrets et... Venise !
De plus, l'auteur s'est très bien documenté sur la Sérénissime et le dédale de ses calli, ses campi, ses sotoporteghi, ses ponts et ses rii. J'ai beaucoup apprécié cette précision. 
Une pépite, je vous dis ! 
De plus, l'auteur rend hommage à Hugo Pratt et à son personnage de Corto Maltese parmi les protagonistes de l'histoire. Sans oublier un clin d'oeil à Gaston Leroux...
J'avais quelque peu supposé le dénouement, mais néanmoins : quel plaisir de lecture ! Un véritable coup de coeur pour moi que ce tome 2 des enquêtes de Chung Ling Soo.
J'attends désormais le tome 3 où une nouvelle enquête entrainera le Cabinet des Illusions à Londres.

mercredi 1 avril 2026

J'AI LU : LE FAUTEUIL HANTE


Le Fauteuil Hanté
Gaston Leroux
Editions Le Livre de Poche

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Nombre d'étoiles sur 5 : **

Nous sommes au début du XXe siècle, l'histoire tourne autour d'Hyppolite Patard, le secrétaire perpétuel de l'Académie Française, qui met tout en oeuvre pour trouver un potentiel successeur au fauteuil laissé vacant par Monseigneur d'Abbeville. Mais le fauteuil ne veut décidément pas de nouvel occupant : chaque prétendant meurt en prononçant son discours, le jour même de son entrée à l'Académie. 
Cependant, un certain monsieur Eliphas de Saint-Elme de Taillebourg de la Nox est soupçonné d'agir de façon sournoise, car il est mage de son état, et de surcroit refusé pour intégrer l'Académie. A-t-il vraiment les pouvoirs magiques qu'on lui prête ? Le marchand d'antiquités, Gaspard Lalouette, vient mettre son grain de sel dans l'enquête sur ces morts suspectes en posant sa propre candidature...
Je m'attendais à un policier bien ficelé, hélas, je n'accroche décidément pas avec tous les romans de Gaston Leroux (ma lecture du Mystère de la Chambre Jaune avait aussi été une déception). L'humour trop présent, par moment grotesque, et un peu primaire, tombe à plat et nuit à l'intrigue. Le style n'est pas très affiné, il y a même des fautes de syntaxe, des phrases avec un verbe au passé et le suivant au présent, des tournures en mauvais français. 
La plume devait certainement savoir mieux écrire que ce roman concocté pour mettre en évidence la dent de l'auteur contre le système de l'Académie française de l'époque. 
Même le dénouement n'a pas atteint ses promesses, et outre les défauts de style, il m'a manqué l'étincelle...

samedi 7 mars 2026

J'AI LU : SHERLOCK HOLMES ET LES PROTOCOLES DES SAGES DE SION


 Sherlock Holmes et les Protocoles de Sages de Sion
Nicholas Meyer

Editions Archipoche

312 pages

Policier Historique

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Nombre d'étoiles sur cinq  : ***


Voici un nouvel opus des pastiches des aventures de Sherlock Holmes de Nicholas Meyer, un  roman érudit et fort bien tissé autour d'un document apocryphe et nauséabond : le Protocole des Sages de Sion, fabriqué de toute pièce par une puissance mondiale dont Hitler se servira par la suite contre le peuple juif, (car cette histoire rejoint la réalité historique). 
Sherlock ne cherche pas à démasquer un assassin, cette fois, mais à déjouer un complot et prouver le mensonge antisémite. Un cas inédit pour Holmes et son fidèle Watson, qui vont entrainer le lecteur dans l'Orient-Express jusqu'à Odessa, en compagnie d'une traductrice dont la présence et les qualités seront fort utiles.
Le rythme n'est ni agité ni trépidant, mais néanmoins empreint d'une intensité qui rend le lecteur curieux, car les références historiques sont nombreuses, et la rencontre de personnages historique également. On apprend, si on ne le sait déjà, la géopolitique de l'époque (nous sommes quelques années avant la Première Guerre mondiale) et on nage en plein espionnage.
Une aventure Holmesienne que sir Arthur Conan Doyle n'aurait pas reniée et aurait peut-être aimé avoir écrite.


Citation : 
"Holmes se retourna vers son frère. 
- Mycroft, un mensonge peut parcourir la moitié de la surface de la Terre le temps que la vérité enfile ses bottes. Je vous en supplie, laissez moi enquêter sur la mort de Theodor Herzl. Sur l'origine de ces prétendus protocoles... "


vendredi 27 février 2026

J'AI LU : LA NUIT DU PORTE-LUMIÈRE



Les Enquêtes de Sœur Fidelma
Tome 28
La Nuit du Porte-Lumière

Peter Tremayne

Editions 10/18 - Grands Détectives

Policier Historique

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Nombre d'étoiles sur 5 : ****


Dès que l'on commence la lecture de cette nouvelle enquête de Fidelma de Cashel, on ne peut s'arrêter de tourner les pages. Le récit est prenant dès le début. 

Nous sommes au Rocher de Cashel, l'un des sites historiques majeurs du sud-est de l'Irlande, en l'an 671, alors que l'on prépare la fête païenne de Samhain, toujours célébrée malgré la présence du christianisme, on découvre le cadavre ritualisé d'un étrange berger dissimulé dans le bûcher érigé sur la place. 

Fidelma la dalaigh, (avocate de la cour de justice) princesse de la dynastie des Eoghanachta et ancienne sœur chrétienne, dont l'intelligence, la perspicacité et la vivacité m'ont toujours fait penser à une personne HPI, enquête avec son époux Eadulf et le fidèle Aidan sur cette nébuleuse affaire qui ne dévoile pas facilement ses secrets. 

Qui est cette femme au manteau de plumes de corbeau, qui prophétise le retour des anciens dieux et leur vengeance contre ceux qui les ont oubliés et se met sans cesse en travers du chemin de nos détectives ? L'enquête va se révéler des plus périlleuses autour de la recherche d'un livre volé aux archives secrètes du pape, au palais de Latran à Rome. Mais quel rapport ce livre a-t-il avec le cadavre du bûcher et les suivants ? Et qui est le "porte-lumière" ? Quelle est son identité parmi tous les convives du roi Colgù, le frère de Fidelma, à la fête de Samhain ?

Lire une enquête de Fidelma de Cashel, c'est toujours faire incursion dans la vie du Vlle siècle en Irlande, ses règles, ses hiérarchies, ses codes, le gaélique irlandais qui ne se prononce pas comme il s'écrit, ce qui fait de chaque enquête une source érudite et inépuisable de documentation à la fois historique et culturelle. Et celle-ci, en matière de suspense et de rebondissements, on ne la lâche pas ! 

dimanche 22 février 2026

J'AI LU : LE LABORATOIRE DES OMBRES


Le Laboratoire des Ombres
Tome 1
Embraser le Monde
David S. Khara

Editions MaisonPop 

350 pages

Thriller - Policier Historique



MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Nombre d'Etoiles : ****


Merci à Babelio et aux Editions MaisonPop pour l'envoi et la découverte de cet ouvrage dans le cadre de l'opération Masse-Critique. 

Dans le Londres de 1841, fort bien décrit, on entre tout de suite dans le vif du sujet : un individu fort habile et prêt à tout, s'est débrouillé pour faire voler un carnet secret au Royal Institute où Michael Faraday poursuit ses recherches, et en faire établir un double par un copiste du ministère des Affaires Etrangères. Il vient récupérer l'objet du délit auprès d'une bande de malfrats, collecteurs de dettes, qu'il paie grassement. Mais cet étrange quidam ne veut laisser aucune trace de son forfait derrière lui, et il semble déterminé à "embraser le monde"...
On fait vite la connaissance d'Ashton, agent secret britannique, aux méthodes de travestissement dignes d'un  Sherlock Holmes, qui va devoir faire la lumière sur un mystère dangereux pour le monde entier... Et quand on aborde les prémices du courant électrique à cette époque victorienne du milieu du dix-neuvième siècle, on côtoie le célèbre Michael Faraday... Ashton et Faraday vont s'unir pour déjouer les plans de ce mystérieux et dangereux personnage à qui rien ne fait peur et qui semble indéfectible.

On entre à la fois dans un roman policier historique, un roman d'espionnage et un thriller scientifique original à l'intrigue captivante. Le contexte est riche, érudit et savamment documenté, avec des personnages à la psychologie profondément recherchée. Le tout est élégamment ficelé, bien construit, si prenant qu'il est difficile de lâcher le livre. J'ai juste trouvé, par endroits, quelques longueurs techniques sur le courant électrique, mais cependant indispensables. J'attends la suite de pied ferme ! 
Je vais en profiter pour découvrir d'autres ouvrages de David S. Khara... 

vendredi 16 janvier 2026

J'AI LU : LE CINQUIEME COEUR


Le Cinquième Coeur
Dan Simmons
Editions Pocket

864 pages

Policier Historique - Littérature Américaine

MON AVIS

(Sans Divulgâcher)

3 étoiles ***

Paris, mars 1893, le célèbre écrivain Henry James, mal dans sa peau, est sur le point de se jeter dans la Seine. Mais quelqu'un l'en empêche : Sherlock Holmes ! Et le détective a une idée derrière la tête : les deux hommes vont s'associer pour résoudre une énigme, celle de la mort de Clover Adams, épouse d'Henry Adams, amie de James, créatrice du club des Cinq Coeurs. Le roman se déroule en 1893, pendant la disparition de Holmes, au moment où tout le monde le croit mort, après l'épisode des chutes de Reichenbach en mai 1891.
Réunir deux personnages, l'un historique, écrivain parfaitement réel et l'autre, fictif, détective de romans policiers, est une idée séduisante. 
 
Le roman est bien tricoté, bien ficelé, et même élégant. L'intrigue, ou plutôt, les intrigues, intéressantes avec une foule de tiroirs ouverts au fil des chapitres. L'histoire est riche en rebondissements mais quelques centaines de pages en moins auraient étés suffisantes pour garder un suspense et un mystère prenants. 
Avec 864 pages, le rythme est cassé par trop d'éparpillements, trop de volonté d'érudition, de précision urbaine (tant que par moments, à l'exposition universelle de 1893 à Chicago, entre autres, on ressent beaucoup trop la recherche de documentation, et ses descriptions encyclopédiques). Oui, c'est nécessaire, mais trop, c'est trop, même si la plume de l'auteur est agréable à lire, le récit, pour le moins alambiqué, s'éparpille régulièrement dans des conjectures et pensées hors sujet qui ralentissent les actions, et n'apportent rien a l'histoire.

Cependant, Dan Simmons maitrise son sujet, Holmes nous berne jusqu'au bout. On sait comment le détective procède : il ne dévoile rien, il agit d'abord, il explique après. Et les énigmes à élucider par Holmes et James incluent une foule de personnages historiques et de véritables anecdotes, d'où ce côté érudit, instructif, et passionnant du roman. 
Un bémol regrettable : à un moment, l'auteur démonte les enquêtes écrites par Arthur Conan Doyle, pour en soulever les faiblesses et les erreurs, je n'ai pas trouvé cela sympa, d'auteur à auteur.
Dans l'ensemble, l'intrigue est plaisante, j'ai aimé cette lecture, mais avec 864 pages, le chemin est long et tortueux pour arriver au but. Mais, le but est tout de même bluffant !