samedi 24 octobre 2026

J'AI LU : LES ENQUÊTES DE RENOIR ET MONET - T2 : L'AUBERGE DU CLOU


Les Enquêtes de Renoir et Monet
Tome 2
L'Auberge du Clou

Léonie Vilbert
Editions J'Ai Lu

Roman Policier - Cosy-Mystery - 
Littérature Française - Policier Historique -

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Nombre d'étoiles sur 5 : ****


Nous sommes en 1864 à l'auberge du Clou, (voir en bas de la chronique), dans le 9e arrondissement, aux abords de Montmartre (18e), juste au coin de la rue Trudaine et de la rue des Martyrs. L'action se déroule dans un Paris embourbé dans les travaux du Baron Haussmann. Cette auberge est le refuge des artistes fauchés qui paient leurs repas en accrochant leurs toiles au mur. Paul Tomashet, le patron, remarque un étrange manège dans son auberge à propos de ces tableaux. C'est alors qu'un célèbre peintre belge entre en scène et demande aux jeunes Monet et Renoir de démêler ce nœud gordien, car plusieurs habitués disparaissent ou sont assassinés...

J'avais beaucoup aimé la première enquête de ces deux illustres artistes impressionnistes reconvertis en détectives amateurs dans leur jeunesse, et je crois que j'ai encore plus apprécié la deuxième ! 
Le roman est construit entre deux temporalités qui s'entremêlent un chapitre sur l'autre. L'une se déroule dans l'auberge du Clou, avant la découverte de l'assassin, entre le 4 et le 10 janvier et l'autre le 11 janvier, au 36 Quai des Orfèvres, dans les bureaux de la Sûreté parisienne. 

Le mystère reste total avant le dénouement, auquel on ne s'attend absolument pas avec un numéro à la Hercule Poirot, méticuleusement concocté et interprété par Pierre-Auguste Renoir et Claude Monet. Un véritable bonheur de lecture, malgré quelques petits détails légèrement "capillotractés" par l'auteur. Mais le récit est vraiment bien tricoté, immersif et palpitant, les caractères des personnages sont bien développés, le Paris de l'époque est parfaitement dépeint, et j'ai hâte de lire une troisième enquête de ces deux enquêteurs hors pairs. 

Juste une petite interrogation, mais je pense que l'auteur a certainement fait des recherches à ce propos et n'a pas écrit d'erreurs concernant l'alcool dans les bureaux de la Sûreté : est-ce que l'on pouvait vraiment servir du whisky ou du vin  aux personnes qui venaient faire une déposition ? Le roman se déroule en 1864, c'est peut-être possible. Idem pour le tabac, tout le monde roule des cigarettes, fume partout et plus qu'énormément. Tellement que le roman n'est qu'atmosphères enfumées ! C'est peut-être un peu excessif...

LIENS : 
Une publication très intéressante sur L'Auberge du Clou, lieu du roman, aujourd'hui hélas disparue, mais l'adresse existe toujours, clic sur : Montmartre Secret

Et si vous souhaitez en savoir un peu plus sur le mystérieux auteur des enquêtes de Renoir et Monet (Léonie Vilbert est le pseudonyme d'un célèbre auteur de romans policiers)  : clic
 

lundi 19 octobre 2026

J'AI LU : LE CIMETIERE DE VENISE


Le Cimetière de Venise

 Une Enquête de Canaletto 

Matteo Strukul

Editions Nisha Et Caetera

Policier Historique - Thriller - Littérature Italienne 

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Nombre d'étoiles sur 5 : ***


À Venise, par un petit matin d'hiver glacial, on retrouve le corps d'une jeune femme dans le Rio dei Mendicanti, et comble de l'horreur : on lui a arraché le coeur. Consécutivement à cette triste découverte, le célèbre peintre védutiste Giovanni Antonio Canal, dit Canaletto, est convoqué au Palais des Doges, d'abord par l'inquisiteur, qui trouve étonnant que le peintre, qui a l'habitude de représenter les beaux quartiers de la Sérénissime, soit venu peindre ce quai et ce rio de Cannaregio où l'on a trouvé le cadavre. Puis par le Doge lui-même, qui pose cette étonnante question : pourquoi a-t-il peint ce groupe de trois hommes sur le quai du rio Mendicanti, dont l'un porte une redingote couleur ocre ? (Voir tableau au bas de la chronique).

A la demande du Doge, le peintre devra mener l'enquête à savoir pourquoi cet homme qui boîte se trouvait là au moment où il a peint son tableau. Il lui faudra suivre le boiteux sans être vu, et c'est là qu'une étrange enquête commence... 

Canaletto va se faire aider par des amis, un ancien maréchal qui va lui apprendre à faire l'espion, sa fille, Charlotte von Der Schulenburg, verrière qui conçoit des lentilles et des longues-vues très performantes, et Owen MacSwiney, un Irlandais qui a ses entrées un peu partout... Mais l'artiste va vite s'apercevoir qu'il a affaire à quelque chose qui le dépasse. 

Un thriller, à la fois angoissant et captivant, qui malgré son rythme lent, entraîne le lecteur des palais aux bas-fonds de la Sérénissime, et Canaletto se révèle un excellent détective ! J'aime Venise, (mais la connait-on jamais complètement ?) ses sestières et ses calli, ses campis et sa Piazza, et c'est très agréable de pouvoir situer les lieux des actions, l'auteur n'est pas avare de détails géographiques et historiques. J'ai particulièrement apprécié ces précisions exactes dans le roman.
La plume décrit Venise comme une toile de Canaletto, avec un vocabulaire poétique et immersif. 
L'auteur, dans un souci d'authenticité, même si le récit est fictif, n'a pas hésité à introduire plusieurs personnages réels, contemporains et amis de Canaletto, comme Owen MacSwiney, par exemple. Ce qui rend l'histoire encore plus intéressante. 
Une histoire née d'une simple silhouette sur une toile de Canaletto... 

Giovanni Antonio Canal - dit Canaletto
Le Rio dei Mendicanti 1723-24




Autoportrait présumé de Canaletto (1697-1768)
Abbaye d'Anglesey


dimanche 18 octobre 2026

J'AI LU : LE BAL DES OMBRES


Le Bal des Ombres
Joseph O'Connor

Editions Rivages


Littérature Irlandaise - Biographie Romancée - Roman Historique

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Nombre d'étoiles sur 5 : **

Joseph O'Connor nous entraîne au théâtre dans un Londres gothique où plane le danger avec Jack l'Eventreur. Dans ce roman, qui commence en 1878, il met en scène les relations passionnelles et amicales de trois acteurs de l'époque victorienne : l'écrivain Irlandais Abraham (Bram) Stocker, futur auteur de Dracula, le comédien shakespearien Henry Irving, lui-même ami d'Oscar Wilde, et l'actrice Ellen Terry, la Sarah Bernhardt anglaise, qui eut une très longue et florissante carrière. 
Entre fiction et réalité, trop peu de passages sont consacrés à la genèse, aux coulisses de la création de Dracula qui naîtra sous la plume de Bram Stocker, un succès qu'il ne connaitra hélas pas de son vivant.  
Dans le roman, Bram Stocker n'a alors pas encore donné toute la mesure de son talent littéraire. et accepte donc de devenir l'administrateur du Lyceum, un théâtre dont l'arrogant et fantasque Henry Irving veut transformer en un haut lieu de la scène shakespearienne où il pourra briller sur scène et exulter tout son talent. Il est jaloux, coléreux, caractériel, modèle parfait pour la personnalité trompeuse du comte Dracula. 
Mais le récit reste sur les tâtonnements et déboires de Stocker, j'ai trouvé le sujet du roman long à démarrer  et il ne m'a pas happée, car trop peu développé. Mon intérêt a eu du mal à trouver son chemin parmi les longueurs et les chapitres épistolaires, et pourtant la plume de Joseph O'Connor est vraiment de toute beauté.


John Singer Sargent
Lady Ellen Terry en Macbeth
1889

mardi 13 octobre 2026

J'AI LU : MON PETIT DOIGT M'A DIT


Mon Petit Doigt m'a Dit

Agatha Christie

Editions le Livre de Poche

Roman Policier - Whodunit - Cosy-Mystery - Littérature Anglaise

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Nombre d'étoiles sur 5 : ****

Une enquête de Tommy et Tuppence Beresford... 
Pendant une visite dans la maison de retraite où vit leur tante Ada, parente de Tommy, son épouse Tuppence, prend le thé dans le salon et fait la connaissance de Mrs Lancaster, une dame très attachante au discours un peu confus, qui lui fait part d'un enfant enterré dans la cheminée... Quelques semaines plus tard, Mrs Lancaster a disparu. Elle avait fait cadeau d'un tableau à tante Ada, un paysage qui représente une maison au bord d'un canal peint par un artiste de la région. Tuppence connait cet endroit, elle l'a déjà vu... Elle se met à la recherche de cette maison et de Mrs Lancaster dont il est impossible de retrouver la trace... 
Une ascension dangereuse et angoissante vers un dénouement auquel on ne s'attend absolument pas ! Agatha Christie était vraiment habile pour tricoter ce genre d'intrigues et surtout pour "retourner le cerveau" (si je puis m'exprimer ainsi) de ses lecteurs ! 

vendredi 9 octobre 2026

J'AI LU : LA MORT DANS LES NUAGES





 La Mort dans les Nuages

Agatha Christie

Editions Le Livre de Poche

Cosy-Mystery - Roman Policier - Littérature Anglaise -Whodunit

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Nombre d'étoiles sur 5 : ****

A l'aéroport du Bourget. les passagers prennent place à bord du Prométhée, l'avion va décoller pour Croydon, autrefois aéroport international londonien. Hercule Poirot quitte lui aussi Paris pour Londres et commence à observer les voyageurs... Avant d'avoir le mal de l'air. Ce qu'il ignore encore, c'est qu'avant l'atterrissage, un meurtre va être commis... Et bien sûr, les passagers sont tous suspectés, en particulier ce cher Hercule Poirot, car une sarbacane, l'arme du crime, sera trouvée près du siège n°9, celui de notre détective ! Il va donc mener l'enquête en Angleterre, en compagnie de ce cher inspecteur Japp, mais aussi en France, avec l'inspecteur Fournier de la Sûreté parisienne. 
Qui est un assassin doublé d'une canaille parmi les onze passagers et les deux  stewarts ?
Une enquête entre Londres et Paris, sur la trace et le passé des suspects, et l'on peut compter sur Hercule Poirot, il est malin ! Il soupçonne tout le monde, procède avec ordre et méthode, puis par élimination. Il fouille et farfouille dans la vie de chacun. 
J'ai trouvé le début de l'intrigue un peu tiré par les cheveux, mais après la parution des témoins devant le coroner et les jurés, (c'est à dire très vite), le roman devient de plus en plus passionnant. Et cette manière magistrale qu'a Poirot de sortir un lapin du chapeau à la fin, c'est tout simplement jubilatoire. Le roman est signé Agatha Christie tout de même ! 
Elle a tellement bien tricoté l'intrigue, que le lecteur qui a, lui aussi, quasiment tous les éléments devant les yeux pour trouver le coupable, "tombe quand même dans le panneau" !  La Reine du Crime m'a encore eue, et puis c'est tellement agréable de faire travailler ses petites cellules grises et d'entrer dans la peau d'Hercule Poirot... Mais personne ne lui arrive à la cheville. 

lundi 5 octobre 2026

J'AI LU : LE CABINET DES ILLUSIONS - TOME 3 : ENQUÊTE A LONDRES 1918


Le Cabinet des Illusions 
Tome 3
Enquête à Londres,1918

Jean-Luc Bizien
Editions Maison Pop

Roman Policier - Policier Historique - Littérature Française

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Nombre d'étoiles sur 5 : ****


Après Vienne en 1902 et Venise en 1908, la plume immersive de l'auteur nous entraîne à Londres, en 1918, où d'effroyables crimes que l'on impute au retour de Jack l'Eventreur sont perpétrés, 30 ans après les premiers assassinats, et terrorisent la population. Scotland Yard patauge dans cette affaire tout comme les bas-fonds de la ville s'enlisent dans le brouillard le soir venu. Le hic est que la presse émet des soupçons sur les magiciens Chung Ling Soo, alias William Robinson, et son rival Ching Ling Foo. Notre magicien va se produire au Théâtre de l'Hippodrome, dans le West End, mais il est sincèrement inquiet pour toutes ces femmes qui risquent leur vie le soir venu, dans les rues de Whitechapel...

Une certaine mélancolie plane sur ce récit. Certains passages introspectifs ralentissent l'action et le lecteur s'égare de manière répétitive dans l'esprit du magicien et dans ces questionnements qui envahissent les premiers chapitres : le moral du magicien, son état d'esprit, celui de son entourage, le but de sa double vie...
Un spleen et une atmosphère en phase avec le contexte de l'époque tourmentée à laquelle se déroule le roman.
Mais à un certain moment, l'enquête décolle enfin et elle est passionnante ! Mon intérêt s'est véritablement affirmé à partir de la moitié du livre où l'on retrouve toute l'émulation qui fait les enquêtes de Chung Ling Soo depuis sa première : mystère historique, magie, suspense et émotion... 
Le récit met donc un peu de temps à devenir addictif, mais l'univers est toujours aussi riche, fabuleux et même étrangement fascinant. Alors le lecteur ne lâche plus le livre jusqu'au point final et même au delà de l'épilogue car Jean-Luc Bizien nous éclaire sur les détails historiques. Mais hélas, le rideau tombe sur cette trilogie et je vais regretter ce héros original et attachant ainsi que toute son équipe.
Cette trilogie est, et restera, un très bel hommage à William Ellsworth Robinson, alias le très grand magicien Chung Ling Soo. 
A kind of magic... ✨ 

jeudi 1 octobre 2026

J'AI LU : MEURTRE EN FAMILLE


Le Club des Amateurs de Romans Policiers 
Tome 6
Meurtre en Famille

C.A. Larmer
Editions Pocket

Roman Policier - Cosy-Mystery - Littérature Australienne

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Nombre d'étoiles sur 5 : ***

Je l'aime bien ce Club des Amateurs de Romans Policiers. L'enquête précédente m'avait beaucoup plu ainsi que les précédentes depuis le début de l'existence de ce club particulier où chaque membre est une enquêtrice ou une enquêteur dont les qualités viennent compléter celles de ses congénères. Et ils sont fins limiers ! 
Le seul bémol est qu'on ne les visualise pas très bien, l'autrice ne prend pas la peine de les décrire physiquement, mis à part deux ou trois détails. Trop peu pour se faire une idée plus concrète de leur physique et de leur look. Idem pour les lieux : nous sommes en Australie, parfois on sait où, parfois non et bien souvent, on peut imaginer l'action n'importe où en Europe. C'est dommage de ne pas utiliser le coté identitaire du pays.

Passons à l'enquête qui nous occupe : Ronnie invite les membres du club à son anniversaire, dans sa grande propriété familiale, où l'un de ses neveux disparait pendant le feu d'artifice. On retrouve un cadavre, mais ce n'est pas celui de Sébastian. Les membres du club, bloqués dans la résidence de leur amie Ronnie, à la fois en qualité de témoins et celle d'amis de la tante du disparu, vont tenter de faire la lumière sur le crime qu'ils ont eu l'étrange opportunité de découvrir eux-mêmes...
En résumé nous avons un cadavre, un disparu et un ou une coupable à découvrir, nous voilà dans un Cluedo que j'ai pris plaisir à lire. Il y a plusieurs mystères et des fausses pistes, des rebondissements et des questionnements... Et le final est digne d'Hercule Poirot ! 
Une caricature : l'abjecte inspectrice Singho, Pourquoi est-elle aussi imbuvable ? le trait est un peu forcé... Mais bon, l'important est d'avoir aimé cette enquête, ce fut le cas !