Le Cinquième Coeur
Dan Simmons
Editions Pocket
864 pages
Policier Historique - Littérature Américaine
MON AVIS
(Sans Divulgâcher)
***
Paris, mars 1893, le célèbre écrivain Henry James, mal dans sa peau, est sur le point de se jeter dans la Seine. Mais quelqu'un l'en empêche : Sherlock Holmes ! Et le détective a une idée derrière la tête : les deux hommes vont s'associer pour résoudre une énigme, celle de la mort de Clover Adams, épouse d'Henry Adams, amie de James, créatrice du club des Cinq Coeurs. Le roman se déroule en 1893, pendant la disparition de Holmes, au moment où tout le monde le croit mort, après l'épisode des chutes de Reichenbach en mai 1891.
Réunir deux personnages, l'un historique, écrivain parfaitement réel et l'autre, fictif, détective de romans policiers, est une idée séduisante.
Le roman est bien tricoté, bien ficelé, et même élégant. L'intrigue, ou plutôt, les intrigues, intéressantes avec une foule de tiroirs ouverts au fil des chapitres. L'histoire est riche en rebondissements mais quelques centaines de pages en moins auraient étés suffisantes pour garder un suspense et un mystère prenants.
Avec 864 pages, le rythme est cassé par trop d'éparpillements, trop de volonté d'érudition, de précision urbaine (tant que par moments, à l'exposition universelle de 1893 à Chicago, entre autres, on ressent beaucoup trop la recherche de documentation, et ses descriptions encyclopédiques). Oui, c'est nécessaire, mais trop, c'est trop, même si la plume de l'auteur est agréable à lire, le récit, pour le moins alambiqué, s'éparpille régulièrement dans des conjectures et pensées hors sujet qui ralentissent les actions, et n'apportent rien a l'histoire.
Cependant, Dan Simmons maitrise son sujet, Holmes nous berne jusqu'au bout. On sait comment le détective procède : il ne dévoile rien, il agit d'abord, il explique après. Et les énigmes à élucider par Holmes et James incluent une foule de personnages historiques et de véritables anecdotes, d'où ce côté érudit, instructif, et passionnant du roman.
Un bémol regrettable : à un moment, l'auteur démonte les enquêtes écrites par Arthur Conan Doyle, pour en soulever les faiblesses et les erreurs, je n'ai pas trouvé cela sympa, d'auteur à auteur.
Dans l'ensemble, l'intrigue est plaisante, j'ai aimé cette lecture, mais avec 864 pages, le chemin est long et tortueux pour arriver au but. Mais, le but est tout de même bluffant !

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