mercredi 18 juillet 2018

J'AI LU : L'OMBRE DE L'ANKOU


L'Ombre de l'Ankou
Jean Vigne
Editions du Chat Noir
Collection Chatons Hantés
Fantastique Jeunesse


Lotie, petite Parisienne de 11 ans, déménage pour la Bretagne. Une terre de légendes, lui disait-on. En guise de légende, la voilà dans un vieux manoir perché tout au bout du monde. Une bâtisse poussiéreuse, perdue sur une lande désertique. Pas de quoi enchanter la jeune fille. Elle va s’ennuyer ferme ici, sans ses amies, c’est certain. S’ennuyer ? C’est sans compter sur l’arrivée d’une étrange créature. Une silhouette encapuchonnée, armée de son immense faux, dressée sur ce bateau illuminé par cette seule lanterne. Qui est ce redoutable inconnu ? Pourquoi revient-il chaque nuit sur cette plage de galets ?


MON AVIS
(Sans spoiler)


Cette superbe couverture m'a vendu du rêve, mais il n'était pas tout à fait au rendez-vous lors de ma lecture...
Dans les légendes bretonnes, l'Ankou est un passeur d'âmes, le valet de la mort, je le savais et me doutais de quelque chose de morbide dans le récit, tout en m'attendant à une bonne portion de fantastique, mais cette dose-là était bien trop timide. Cependant, le lecteur est loin de s'imaginer la fin du roman car elle est étonnante, et le fil de l'histoire déconcerte également car on pense à une chose et l'on va vers une autre. J'ai aimé me faire surprendre.

Nous suivons donc Lotie, une adolescente de onze ans, sa mère, en voie de guérison d'un cancer, a voulu venir habiter le manoir de son enfance, et c'est là que commence cette histoire... 

Hélas, le caractère de l'héroïne fait barrage, elle est agaçante car déteste quasiment tout, surtout l'humour de son père, le vent, les vagues, les personnes âgées, la queue du chat de la voisine, les courgettes... Honnêtement, on n'est pas si pénible et si compliqué, à onze ans. (J'ai un peu de mal avec les héroïnes pénibles, d'autant plus que j'adore les courgettes !).


Si l'histoire ne m'a pas déplu, le lecteur est dans la tête de Lotie, quel brouillon ! Le fil des pensées de la jeune fille s'égare dans des hors sujets presque tout au long du roman, l'action est certes peu présente, mais par moments, j'ai cru à une sorte de remplissage de la part de l'auteur, car le roman ne dure que 127 pages et le récit se disperse sans cesse.

La manière employée par l'auteur pour parler du Christ m'a heurtée, c'est irrévérencieux, irrespectueux de la religion, l'héroïne a onze ans, pas cinq ans. Les réflexions de Lotie sont très puériles, on ne peut pas ignorer à ce point le nom de Jésus-Christ jusqu'à l'appeler Jésus-Crie ou Crise. A onze ans, on le sait, même si l'on n'est pas chrétien, c'est comme Napoléon Bonaparte ou Louis XIV, c'est aussi un personnage historique, on ne se trompe pas, il est suffisamment connu.

(D'autre part, les renvois en bas de page destinés au jeune lecteur afin d'expliquer ce qu'est une crique ou ce que signifie l'adjectif vénérable, des mots très simples, parmi d'autres mots de la même complexité, sont une précision inutile. C'est peut-être sous-estimer ce même jeune lecteur, et dans le cas où il ignorerait ce qu'est une crique, il ne faut pas le décourager à prendre un dictionnaire pour en chercher la définition, cela sert à cela aussi la littérature, découvrir et enrichir son vocabulaire.)

En résumé, ce court roman part d'une belle idée, mais la narration est laborieuse, pourtant la plume n'est pas désagréable.

samedi 14 juillet 2018

J'AI LU : LUMIKKO


Lumikko
Pasi Ilmari Jääskeläinen
Editions 10/18
Thriller Fantastique

Au sein d'un petit village finlandais, prospère une étrange société littéraire secrète composée de neuf écrivains réunis autour de la figure tutélaire de Laura Lumikko, auteur à succès d'une série de livres fantastiques pour la jeunesse. En pénétrant peu à peu dans l'intimité de cette société, Ella, une jeune professeur de finlandais aux ovaires déficients, découvre que l'essentiel de l'inspiration des membres semble provenir d'un mystérieux carnet. Pendant ce temps, Laura Lumikko disparaît, tandis qu'une étrange peste semble s'être abattue sur les livres de la bibliothèque, qui voient leur fin subtilement altérée...


MON AVIS
(Sans Spoiler)

La couverture, le pitch, et tout ce que l'on m'avait vanté, m'avait plu et attirée. Ce roman est étrange, farfelu et au final, décevant. Au début, je suis entrée dans ma lecture sans aucun à priori, et plus j'avançais, plus les choses devenaient vraiment très bizarres. Rien à voir avec un univers à la Tim Burton, car lui, c'est nettement plus cohérent.

Ella Milana, jeune professeure de finnois vacataire aux ovaires déficients (cette information est récurrente, c'est un peu pénible car cela n'apporte rien au récit) constate que les fins des romans de la bibliothèque de la ville de Jäniksenselskä se falsifient, une sorte de maladie en altère le cours et change la fin, par quel mystère ? 

Au fil du roman, notre héroïne (que je n'ai pas vraiment trouvé sympathique) se voit intégrer une société littéraire composée de neuf écrivains célèbres. Un carnet secret appartenant à un mystérieux jeune garçon serait la source de l'inspiration de ces écrivains. Où est ce carnet ? Le jour où elle est accueillie dans ce cercle, la fondatrice, Laura Lumikko, autrice de romans pour la jeunesse, disparaît de façon très étrange. La suite du roman consiste à répondre à ces questions et mener ces enquêtes, et pour cela, à faire parler les autres membres du cercle littéraire. Les "faire parler" consiste à appliquer le "Jeu" c'est à dire à les faire "déverser" selon des règles établies par ces membres, c'est parfois un peu trash. De plus, on frôle l'absurde, surtout l'épilogue censé apporter la lumière sur tout le récit.  

J'ai trouvé beaucoup de remplissage au fil de ce roman, des longueurs à n'en plus finir, des semblants de mystères qui tombent à plat car il n'y a aucune explication, aucune solution donnée, des situations absurdes qui se veulent emplies de mystères mais qui font naufrage, comme par exemple la réunion de plusieurs chiens dans le jardin de Martii, un des écrivains du cercle, (chaque jour, il arrive un ou plusieurs chiens dans le jardin, ils seront 38 au total, leurs maîtres viennent les chercher, mais les chiens reviennent... Pour quelle raison ?). 

Par moments, ma lecture devenait laborieuse, mais un certain suspens a tout de même éveillé ma curiosité puisque je n'ai pas abandonné ma lecture, j'avais simplement hâte de connaitre le fin mot de l'histoire. Fin mot qui m'a laissée sur ma faim... On flirte avec quelques évocations d'êtres mythologiques, mais on flirte si furtivement qu'au final, on ne comprend rien...Le sens du roman échappe totalement au lecteur. Je devine un peu la raison pour laquelle Lumikko a disparu, mais c'est une hypothèse personnelle, je me trompe peut-être...

Je n'ai pas eu de mal avec les noms finlandais, si on prononce un peu plus lentement à la première et à la seconde fois, à la troisième on a déjà enregistré les syllabes. De toute façon, j'aime les langues, nordiques en particulier. Et l'ambiance hivernale m'a bien plu.

La plume n'est pas désagréable, cependant elle n'est pas toujours fluide et le roman manque de construction. Mon intérêt s'est émoussé au fil de la lecture et surtout, j'avais pensé entrer dans une histoire mystérieuse, un conte surnaturel, une enquête fantastique, mais l'appétissant soufflé est retombé aussi vite qu'il avait gonflé car tout est survolé et rien n'est vraiment développé.

dimanche 8 juillet 2018

J'AI LU : JE HAIS L'ETE



Je Hais l'Eté
Claude-Henri Buffard
Editions Mille et Une Nuits
Littérature Française



Saison du prêt-à-suer, l'été transpire de promesses non tenues. Les matins enchanteurs ne débouchent que sur la laideur crue de la journée, les voluptueuses soirées n'ouvrant que sur des nuits d'insomnie, de sudation et de moustiques. 
L'été, les débordements de chair me font honte, la plage m'horripile, les maîtres-nageurs me font sourire, les body-buildés me font pouffer, les strings me font glousser, le farniente m'anéantit, la sieste me fait périr, la vacuité me fait mourir. On se regarde mollir ensemble, le cul sur la serviette ou le corps incurvé dans une chaise longue. On aime le mou que l'on devient. On est bien. On se veut mou, on se vautre mou, on se demande même à haute voix comment on a pu ne pas l'être plus tôt. On voudrait que ça ne s'arrête jamais. On se roule dans l'instant présent comme les chiens des villes dans le sable. On reviendra l'année prochaine... 
Je hais l'été. Belle saison, vos beaux jours me font mourir d'ennui. D'ennui, belle saison, vos beaux jours me font mourir. Me font mourir d'ennui, vos beaux jours, belle saison.



MON AVIS 

Cette pépite de drôlerie est de Claude-Henri Buffard, elle est parue aux Editions Mille et Une Nuits, le 16 mai 2007. Une toute petite pépite facétieuse de 111 pages et 146 grammes remplie de bonne humeur ! De quoi vous faire oublier un instant ces températures extrêmes, cloîtrée dans votre "home sweet home" (ou allongé sur une plage de sable brûlant si vous voulez), pour vous secouer de rire sous le souffle tiède du ventilo (malgré la bouteille de glaçons congelés posée devant), juste un peu vautré sur le canapé trop chaud... 

Si comme moi, vous détestez l'été, ou si au contraire, vous l'adorez, offrez vous cet ouvrage, juste pour rire, histoire de mette le doigt là où vous ne vous apercevez pas que cela craint, car c'est tellement ça l'été... 

J'adhère totalement avec ce livre et je vais vous expliquer pourquoi. Les non amoureux de la saison vivent cet enfer au quotidien : la suée chronique, rester propre et sentir bon revient à un combat permanent, sans oublier la vision des tongs en ville (quel chic !) et des gros bides, un tantinet mous, qui débordent sur les bermudas, qui eux-mêmes descendent trop bas sur les reins et laissent entrevoir des sourires de plombiers. 

Ne faisons pas l'impasse sur les personnes qui n'utilisent pas un déodorant, cela relève pourtant de la santé publique. J'ai horreur de sentir la sueur des autres, ne supportant pas moi-même de dégager un autre arôme qu'un effluve fleuri et léger.

Tout le monde se croit obligé de découvrir ses pieds, on vient à des rendez-vous administratifs ou autres, vêtu en tenue parfaite pour se balader sur la plage ou dans son jardin, on visite des musées et des monuments attifés comme des épouvantails. Adieu l'élégance, adieu raffinement, délicatesse et douce volupté d'une robe en soie (ou pas, mais quelque chose d'agréable) lol et le bermuda trop large et la tong, vous direz ce que vous voulez, ce n'est vraiment pas sexy, ni au masculin, ni au féminin.

Quant à la simple bienséance de se vêtir convenablement pour aller faire ses courses, on n'en parle même pas. D'où la demande expresse des supermarchés d'entrer le torse couvert et en chaussures. L'été est-il synonyme de laisser-aller permanent ? Certains se baladent comme s'ils sortaient de leur lit. 

N'oublions pas les talons, mesdames et messieurs, (oui, messieurs également) les talons fendillés, craquelés, non poncés, aussi doux qu'une toile émeri, le laisser-aller, l'été, ça se voit ! 

J'en ai assez aussi des diktats des revues et magazines d'une presse déchaînée, prête à vous donner tous les conseils pour vous faire maigrir, vous faire manger des fruits, vous muscler, vous tremper dans l'eau, vous tremper dans l'huile... 

Bonjour les moustiques, tiques, guêpes et autres machins qui piquent, qu'importe c'est en supplément gratuit, mycoses, coups de soleil, décibels de cris d'enfants, (l'été est-elle la saison du mal élevé ?) puanteur du barbecue des voisins, surpopulation touristique, feux d'artifice chaque fin de semaine. Et en cas de ville festivalière, comme ici à Aurillac : restez chez vous le temps que cela passe ! 
Bref, c'est l'Apocalypse.

Et tous les ans, je dis : vivement l'Automne, la vraie belle saison. 
Ce livre dit tout ce ras-le-bol bien mieux que moi, mais vous en conviendrez la moitié des désagréments est due à l'obscurantisme des gens. Moralité : restez éclairés, même en été ! 

Petite citation pour vous donner envie : 

"Qu'on me laisse m'amuser du spectacle de ces familles oisives et indolentes qui défilent par grappes désoeuvrées en bermuda et K-Way, le long des éventaires, le nez dans les bacs d'invendus bradés, ignorant derrière eux le formidable spectacle de la mer déchaînée sous les rafales irisantes du vent marin."


lundi 2 juillet 2018

J'AI LU : FELICITY ATCOCK - TOME 4


Felicity Atcock
Tome 4
Les Anges Sont Sans Merci
Sophie Jomain
Editions J'Ai Lu
Urban Fantasy



Des fées, sorties de nulle part, sont responsables du plus grand drame de ma vie. Elles m'ont mise K.O., ça, c'est certain, mais il ne sera pas dit que je me suis laissé marcher sur les pieds. Car s'il y a bien un truc qu il ne faut jamais faire sous peine de représailles, c'est voler à une femme ce qu'elle a de plus cher. Alors c'est vrai que je n'ai pas vraiment le profil de la grande méchante, mais je suis quand même prête à leur botter l'arrière-train, même si pour ça je dois d'abord faire face à ce que je redoutais le plus : la trahison. 



MON AVIS
(Sans Spoiler) 


Si j'avais beaucoup souri lors de la lecture du pétillant tome 1, nettement moins lors des tomes suivants, cette fois ci, c'est encore moins drôle. Pauvre Félicity ! 
Rien ne lui est épargné, elle attire toujours autant les ennuis ! Mais elle ne les provoque plus, ils viennent à elle. Et ils sont beaucoup plus "tordus"... Notre héroïne change, elle n'est plus tout à fait la même, plus mature, plus sûre d'elle, elle en a eu des épreuves depuis le début, mais celle-ci est la pire de toutes ! 

La fin du tome 3 nous laissait sur un cliffangher incroyable (heureusement que j'ai pu enchaîner tout de suite avec le tome 4) et notre héroïne va tout mettre en oeuvre pour aller chercher ce qu'on lui a volé ! Tout le monde est prêt à faire son maximum, le beau Terrence et la très sexy Stephenie, les anges, Stan le demi-démon, Phil le lycan, et Daphnée, l'amie humaine... 

Les pages se tournent très vite et pourtant j'ai trouvé quelques longueurs avant de parvenir enfin au résultat escompté en venant au pays des fées. De drôles de fées... Des viragos hystérico-sadiques et perverses qui se repaissent de la moindre douleur, même morale.

La tension qui monte vers un épisode crucial du roman va crescendo, on s'y attend, et quand on y arrive, on saute quelques phrases, j'ai moyennement aimé ces passages de torture. 
Tout le monde vient en aide à notre vendeuse de chocolats mais tout le monde "prend cher", même le traître... Le tome n'est pas avare en émotions : surprise, déception, retrouvailles, découverte... 

L'intrigue est astucieuse, avec tous ces rebondissements autour, et la plume demeure toujours fluide et jolie, intense aussi, mais c'est Sophie Jomain, ne l'oublions pas, elle a ce talent de captiver le lecteur même quand il ne se passe pas grand chose dans la page ! (Juste un bémol cependant : l'autrice n'emploie jamais le subjonctif, cela m'a gêné à la lecture, cela manque, c'est maladroit...)

dimanche 1 juillet 2018

UN LIVRE, UN THE...


Les Détectives du Yorkshire
Tome 1 :
Rendez -vous avec le Crime
Julia Chapman
Editions Robert Laffont
Policier

Un polar, avec une intrigue bien ficelée et des cadavres, le tout dégusté avec un Earl Grey citronné et bien chaud sans oublier un chat sur les genoux, cela vous dit ? Il sera question d'une agence de rencontres et d'une agence de détectives privés. Encore un village merveilleux de la belle Angleterre où le mystère s'est immiscé... Et ça, en principe, j'adore.
J'ai plusieurs nouveaux polars à lire, dont 2 Louise Penny, je n'ai pas d'ordre pour me décider à commencer par tel ou tel roman, le hasard va me guider lol

En ce moment je suis entrain de lire Lumikko... C'est décalé... Comme Twins Peaks, mais en Finlande... La Finlande j'aime bien, mais l'ambiance Twin Peaks, nettement moins. On en reparle plus tard... Bon dimanche et bon mois de Juillet ! 

samedi 23 juin 2018

J'AI LU : LES LAMES DU CARDINAL - TOME 1


Les Lames du Cardinal
Tome 1
Pierre Pevel
Editions Gallimard
Collection Folio SF
(Première Edition 2012 : Bragelonne)
Fantasy, Uchronie



Paris, an de grâce 1633. Louis XIII règne sur la France et Richelieu la gouverne. Le Cardinal, l'une des personnalités les plus puissantes et les plus menacées de son temps, doit sans cesse se garder des ennemis de la Couronne. L'espionnage, l'assassinat, la guerre, tout est bon pour parvenir à leurs fins... et même la sorcellerie, qui est l'oeuvre des plus fourbes adversaires du royaume : les dragons ! Ces redoutables créatures surgies de la nuit des temps se dissimulent parmi les humains, ourdissant de sombres complots pour la reconquête du pouvoir. Déjà la cour d'Espagne est tombée entre leurs griffes... Alors, en cette nuit de printemps, Richelieu décide de jouer sa carte maîtresse. Il reçoit en secret un bretteur exceptionnel, un officier dévoué que la trahison et le déshonneur n'ont pourtant pas épargné : le capitaine La Fargue. Car l'heure est venue de reformer l'élite secrète qu'il commandait jadis, une compagnie d'aventuriers et de combattants hors du commun, rivalisant d'élégance, de courage et d'astuce, ne redoutant nul danger.Les Lames du Cardinal !



MON AVIS
(Sans Spoiler)

Dans la France de 1633, où la rivalité avec l'Espagne se confirme et où celle-ci se trouve sous l'influence de la Griffe Noire, une société secrète draconique, Richelieu reforme son équipe d'élite, les "Lames du Cardinal" dissoute cinq ans auparavant lors du siège de la Rochelle. Il confie cette mission au capitaine La Fargue...

La plume de Pierre Pevel est tellement élégante et agréable à lire qu'elle m'a fait oublier les longueurs de ma lecture...  Sans compter l'inutilité de certains détails pas toujours essentiels à l'intrigue. 
En effet, ce roman est pourtant habilement écrit, mais je me suis un peu ennuyée avant de comprendre qui étaient les Lames et qui étaient leurs ennemis car il y a une foultitude de personnages et les liens qui les unissent sont parfois un peu confus. Et ceci même à la moitié du livre, car il arrive encore de nouveaux protagonistes aux deux tiers du roman... Mais les chapitres sont courts, cela aère un peu le flot du récit cependant bien rythmé.

Je n'ai pas pour autant eu de mal à m'impliquer dans l'histoire, car elle va malgré tout très vite, même si le lecteur s'emmêle un peu...

Le travail de documentation historique est remarquable, et la narration superbe, notamment l'activité et l'ambiance de Paris sous Richelieu, magistralement décrites. Et puis l'auteur prend son temps pour de superbes descriptions.

Dragons, vyvernes, sang-mêlés, société secrète, agents doubles, tout ce petit monde panaché à l'univers des Trois Mousquetaires de Dumas, Rochefort et Tréville compris, sans oublier un "clone" de Milady de Winter en la personne de la vicomtesse de Malicorne, tout est bien cousu et il en résulte un très bel hommage uchronique et une histoire pleine de panache ! 

vendredi 22 juin 2018

J'AI LU : UN MONDE FLOTTANT - YÔKAÏ & HAÏKUS



Un Monde Flottant
Yôkai et Haïkus
Nicolas de Crécy
Editions Soleil
Collection Noctambule



Mêlant yôkai et haïkus, "Un Monde Flottant" est un magnifique hommage à la passion commune des peintres et des poètes : le voyage. Au vu de la thématique choisie, la forme du leporello, proche de l’emaki (rouleau peint), résonne avec sens. Issus de la culture orale du Japon rural, les yôkai sont difficilement qualifiables : monstres, divinités, esprits… Emanations vivantes de la nature, ils ont survécu dans l’imaginaire par le biais du dessin. Nés des talents de Utagawa Kuniyoshi ou de Kawanabé Kyòsai, à l’époque Edo, ils ont été remis au goût du jour par le mangaka Shigeru Mizuki, ou encore par Hayao Miyazaki avec "Le Voyage de Chihiro". Cet hommage à la nature se reflète aussi dans un autre champ de la culture nippone : la poésie, dont le haïku est la forme la plus sobre et la plus directe. S’inspirant des gravures sur bois (les Ukiyo-e), Nicolas De Crécy a souhaité réintégrer ces créatures dans l’univers contemporain de la ville, en l’occurrence de celles dont il a pu découvrir les architectures passionnantes : Tokyo et Kyoto. Un hommage de toute beauté ! 


MON AVIS :


C'est l'illustration de couverture qui m'a attirée, et comme le livre ne s'ouvre pas de la manière habituelle, mais en accordéon, je n'ai donc pas vu toutes les images. Une fois arrivée à la maison, j'ai été déçue, pas par les haïkus ni les yôkai, mais par les illustrations justement ! Certaines ont ce petit coté malsain que je n'aime pas, étranges créatures flottantes, rarement sympathiques et souvent hideuses, bizarres ou mal construites, sans oublier les têtes de cochons ou de chiens sur des corps d'hommes, cela ne me parle pas, ne m'invite pas à aimer ce livre. 
Et pourtant j'avais "tilté" sur la beauté du décor de la couverture, sans vraiment bien regarder cet étrange moine bouddhiste... J'aime le Japon et les estampes japonaises, tout cet art extrêmement raffiné mais, dommage, je n'ai pas aimé, et je n'aime pas ne pas aimer un livre...




Les yôkai sont aussi rustiques que les haïkus sont raffinés, même s'ils décrivent finalement le même monde.


Documents Editions Soleil