samedi 2 août 2025

J'AI LU : LES CHRONIQUES DE L'ERABLE ET DU CERISIER


Les Chroniques de l'Erable et du Cerisier
Tome 1
Le Masque de Nô
Camille Monceaux
Gallimard Jeunesse

Roman - Littérature Française - Japon Féodal

MON AVIS

(Sans Divulgâcher)


Les pages filent vite dès que l'on commence ce roman, il est magnifiquement écrit. La plume est jolie, poétique, bien documentée, elle distille, sans ostentation, une érudition précise sur le Japon médiéval sans non plus charger inutilement l'histoire. On aime tout de suite Ichiro, notre petit héros. 
Après une enfance rendue la plus douce possible par la brave Oba et les leçons d'armes de son père adoptif, Ichiro, devenu orphelin, devra survivre dans les rues d'Edo, avant d'être embauché dans un théâtre. 
Le fil rouge de l'histoire est la découverte de la véritable identité d'Ichiro, et le secret de sa naissance, lui qui portait une feuille d'érable en bijou lorsque son maître le trouva un jour d'hiver, et l'éleva comme son fils, lui apprit le maniement des armes tout en le surprotégeant. Le roman est plutôt sombre, et même violent par moment, mais l'on suit la quête d'Ichiro comme une fresque historique, le Japon vivait politiquement des heures sombres, et le milieu des théâtres nô et kabuki n'était guère plus tendre que les affres de la rue où lchiro vivra avant d'être recueilli par un poète et se faire de vrais amis. L'autrice ne ménage pas son héros avant une fin mouvementée et haletante, qui laisse au lecteur l'envie de lire les tomes suivants, car la suite semble très prometteuse. Cependant, je m'attendais à quelques révélations qui ne sont hélas pas dans ce premier tome... 

vendredi 1 août 2025

J'AI LU : LES GARDIENS DU PHARE




Les Gardiens du Phare
Emma Stonex
Editions Stock/Le Livre de Poche
Policier - Littérature Anglaise

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)


1972, les trois gardiens du phare de Maiden Rock dans les Cornouailles anglaises disparaissent mystérieusement, en laissant le thé encore fumant dans la théière et le repas prêt, la porte verrouillée de l'intérieur et les horloges arrêtées à la même heure. 1992, un écrivain célèbre tente de résoudre l'énigme en interrogeant les épouses des disparus. Le lecteur vit des aller et retours entre le passé et le présent, à la découverte de secrets de manipulation, de non-dits et de mystère, tout en flirtant avec les frontières du fantastique.
Le récit est inspiré d'une histoire vraie qui eut lieu en 1900 au large de l'Ecosse. Je n'ai trouvé aucun suspense à ce roman au rythme trop lent, que j'ai failli abandonner plusieurs fois, fatiguée par des longueurs pesantes sur la vie dans les phares et la vie de famille des protagonistes. On me l'avait vanté comme génial, je l'ai trouvé sombre et ennuyeux. Peut-être suis-je passée à côté, mais ce roman, pourtant bien écrit, n'était pas fait pour moi.



Les Gardiens du Phare
Couverture Poche

 

vendredi 25 juillet 2025

J'AI LU : HISTOIRES SECRETES DE SHERLOCK HOLMES


 Histoires Secrètes de Sherlock Holmes
René Reouven
Editions Poche - Folio Policier
Policier Historique

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)


Il y a les enquêtes de Sherlock Holmes écrites par leur créateur, Sir Arthur Conan Doyle, puis il y a celles que Watson a "évoquées sans les raconter" et celles que "Watson n'a jamais oser évoquer" que différents auteurs fans du personnage se sont empressés de narrer, et c'est le cas pour ce recueil, signé René Reouven, avec le plus grand respect envers les caractères et personnalités des héros de référence, c'est à dire le "Canon".

On retrouve donc Holmes qui nous fait part de ses ascendances françaises dans la première histoire, l'assassin du Boulevard, et rend visite à sa cousine Irène. Bien entendu, il parle un français impeccable, ce qui lui permet de jouer et se grimer en plusieurs personnages dont il a l'art et le secret, et d'avoir ses entrées à la Direction des Dons et Legs où il se passe de drôles de choses. Une affaire louche entre Londres et Paris, dont Sherlock déliera les ficelles avec brio. Son sens très affûté de l'intuition fait mouche dans toutes les aventures qui suivent, même si j'ai préféré certaines à d'autres que j'ai moins aimées, comme celles du Bestiaire, sauf pour le Cormoran, une affaire d'espionnage entre Londres et l'Ecosse qui m'a passionnée. Dans "les passes-temps de Sherlock" j'ai trouvé L'affaire des Parchemins captivante, d'autres moins passionnantes, mais toutes érudites et bien écrites, même si certaines comportent quelques longueurs ou un intérêt moindre. Toutes les histoires ne sont pas contées par Watson et le lecteur y rencontre des protagonistes tels que Sir Arthur Conan Doyle lui-même ou encore Jack l'Eventreur, et même Edgar Allan Poe ou Vidocq, ce qui implique des voyages dans le temps...
Je conseille néanmoins cet énorme pavé de 1132 pages à tous les fans et amateurs d'enquêtes et aventures de Sherlock Holmes, une lecture plutôt jubilatoire, même si le suspense est très inégal, cela m'a donné envie de relire celles de Sir Arthur Conan Doyle. 

jeudi 26 juin 2025

J'AI LU : HAUTE-COUTURE


 Haute-Couture
Colette Maciet
Editions Michel Lafon Poche

Autobiographie, Biographie

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Il est clair que l'on ne va pas s'appesantir sur le style littéraire, il aurait pu être mieux travaillé, mais ce livre est écrit avec le cœur, et avec sincérité. J'ai aimé lire les souvenirs que Colette Maciet, talentueuse Première d'atelier, fait partager au lecteur : de ses débuts d'apprentie à sa rapide consécration, la confiance que lui accordaient les grands couturiers pour qui elle a travaillé. La Haute Couture est plus qu'un métier, c'est de l'art.
On pénètre dans les ateliers des célèbres maisons de Haute-Couture, on découvre leur fonctionnement, c'est comme des secrets que l'on nous révèle, des moments partagés, des confidences, des découvertes sur les célébrités de la mode et de l'élégance, des moments de joie mais aussi des jalousies, des crocs en jambes et des injustices. Et l'on en apprend davantage sur la création d'un modèle, d'un vêtement, du croquis à sa réalisation, en passant par sa conception. 
Le métier de Première d'atelier ne consiste pas seulement à couper et coudre des modèles dans un atelier parisien mais aussi à se retrouver à Tokyo, Rio de Janeiro, Genève, Londres ou New-York pour présenter une collection et partager le quotidien des top models. Il y a le labeur mais aussi les paillettes, les palmes de la renommée dans le milieu feutré de la Haute-Couture. On y apprend que les maisons Lesage et Lemarié, illustres brodeur et plumassier de Paris, que je connais bien, ont étés rachetées par Chanel. C'est passionnant, d'autant plus que l'on en sait un peu plus sur la manière de travailler de Karl Lagerfeld ou totalement à l'opposé, de Coco Chanel ou encore l'exquis savoir-vivre d'Hubert de Givenchy ou la délicatesse d'Yves Saint Laurent, la bonne humeur de Jean-Paul Gaultier, entre autres, et leur exigence de la perfection. On en apprend ainsi sur leurs bons et parfois mauvais côtés, comme pour le très mal élevé et goujat Alexander McQueen. 
Et puis l'arrivée des groupes financiers qui peuvent n'avoir aucun respect et aucun sentiment vis à vis d'un grand couturier de renom. On voit cela aussi dans la Haute-Couture qui, dans un certain sens, n'est plus ce qu'elle était...
Inès de la Fressange signe la préface, comme un hommage amical et respectueux à Colette Maciet, dont elle fut, par deux fois, la bonne fée...
Un ouvrage à découvrir, parce qu'il est joli, et même touchant par moments : c'est une belle histoire que la vie professionnelle de Colette Maciet.

dimanche 22 juin 2025

J'AI LU : LES FANTÔMES DU FINISTERE


 Une Enquête du Commissaire Dupin
Les Fantômes du Finistère
Jean-Luc Bannalec
Editions Pocket

Policier - Littérature Allemande

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)


Cette fois, Dupin se rend dans le Finistère, au bord de l'Aber Wrac'h, où l'un de ses collaborateurs, le lieutenant Labat s'est fait agresser dans le jardin de l'abbaye de sa tante, Joëlle Contel, récemment décédée. 
Notre commissaire veut faire la lumière sur l'affaire, on ne s'en prend pas comme ça à son équipe ! La famille de Labat et les proches de sa tante, sont dans le collimateur de Dupin, chaque membre est suspect, d'autant plus qu'un assassinat va très vite avoir lieu. 
Enquête érudite sur fond d'ornithologie pour le commissaire, assisté par Le Ber, et l'équipe de la commandante Carman de la Gendarmerie de Brest, sans oublier la très efficace Nolwenn, qui, pour une fois, reste peu présente sur cette intrigue. Quant à la bêtise récurrente du préfet Gueuneugues, elle ne m'a pas manqué. 
Ce n'est pas le coupable qui est très intéressant à déterminer dans cette enquête, c'est la manière dont se poursuivent les investigations, les réflexions de Dupin. Le suspense est bien dosé, et monte crescendo dans la dernière partie du roman. J'ai passé un bon moment de lecture, malgré la plume de l'auteur qui ne travaille pas toutes ses phrases. J'ai toujours le même regret à ce propos.

C'est à chaque fois un plaisir de se retrouver en Bretagne en compagnie du commissaire Dupin. A chaque tome, on peut chercher les lieux sur Google Map, si on ne les connait pas déjà,  car les monuments existent vraiment. Cette fois, c'est l'Abbaye Notre Dame des Anges de Landéda, près de Prat-Ar-Coum et de l'Aber Benoit, des endroits que j'affectionne particulièrement. 
Et puis, dans une enquête de Dupin, on entend toujours "bretonner" la Bretagne, et ça... j'adore !

dimanche 15 juin 2025

J'AI LU : MYSTERE RUE DES SAINTS PERES


Les Enquêtes de Victor Legris, Libraire
Mystère rue des Saints-Pères
Claude Izner
Editions 10/18 - Grands Détectives

Policier Historique

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Paris, juin 1889, une femme emmène ses trois neveux à l'Exposition Universelle pour visiter la Tour Eiffel, elle meurt d'une étrange piqûre, d'abeille, dit-on, exactement comme une victime à l'arrivée de Buffalo Bill à Paris quelques semaines auparavant. Victor Legris, libraire rue des Saints-Pères, lui aussi au premier étage de la Tour Eiffel en compagnie de son associé Kenji Mori et de son ami le journaliste Marius Bonnet, prend connaissance de ce qu'il vient d'arriver quasiment sous ses yeux. Il va s'ensuivre une série de meurtres dans Paris, avec le même modus operandi : des piqûres d'abeille : l'assassin a une logique inquiétante... Des événements vont contraindre Victor Legris à s'y intéresser de près, ce qui va entrainer et marquer ses débuts d'enquêteur.

Ce roman trainait dans ma pile à lire depuis un petit moment, et j'ai bien fait de l'avoir choisi. 
J'ai beaucoup aimé ce roman policier très érudit, vivant, élégamment écrit, dont l'atmosphère de la fin du 19e siècle parisien et de l'Exposition Universelle de 1889 est particulièrement bien retranscrite, réaliste et réussie. On déambule dans Paris où l'on peut suivre les personnages au fil du mystère, comme un voyage dans le temps, car c'est fort bien décrit. Un suspense modéré, un déroulé un peu lent, mais vivant, tiennent tout de même en haleine jusqu'à la toute fin du roman, même si c'est le hasard qui mène notre libraire à devenir enquêteur. Certes, par moments l'intrigue égare un peu le lecteur, mais tout est néanmoins cohérent. 
Le nom de l'auteur, Claude Izner, cache en réalité deux autrices, deux soeurs dont l'autre métier est bouquiniste, d'où cet intérêt pour l'histoire, ces connaissances sur le Paris ancien, pour le plus grand plaisir du lecteur.
Il y a des romans comme des friandises cachées dans les bibliothèques, qui se révèlent d'excellentes lectures le jour où on décide de les découvrir, et j'ai prévu de lire la série complète des enquêtes de Victor Legris.
 

mardi 10 juin 2025

J'AI LU : FLAMBOYANTE ZOLA

 


Flamboyante Zola
Jean-Louis Milesi
Editions Presses de la Cité

Roman Biographique

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Le lecteur entre tout de suite dans un tourbillon d'émotions : celles d'Alexandrine Zola, quand elle découvre la tromperie d'Emile. Et comble du malheur : deux enfants sont nés de cet adultère. Avant de devenir Madame Alexandrine Zola, elle fut Eléonore, puis Gabrielle, modèle pour Edouard Manet et ses amis impressionnistes. Il lui a fallu avant tout être une femme courageuse, pour endurer les défis du destin, pas tendre avec elle. Elle fut le roc d'Emile Zola, son pilier, sans elle, serait-il devenu l'écrivain de génie qu'il fut ? Certes, le talent était là, mais il devait à Alexandrine la ténacité d'avoir pu mener à bien ses combats, notamment les années noires de l'Affaire Dreyfus pendant lesquelles la presse, les gens n'hésitaient pas à lui faire peur.
Alexandrine a eu besoin de Gabrielle, l'effrontée, pour faire face à l'affront, à l'injustice, aux salissures, elle a eu besoin d'Eléonore aussi, la mal née, dont elle n'a pas eu honte. Le courage, elle connait.
Alexandrine va se relever. Elle s'est relevée, et d'une façon élégante.
Jean-Louis Milesi a su, par sa plume efficace et son style impressionniste qui nous parachute  à divers moments de la vie d'Alexandrine et du couple Zola, nous faire pénétrer dans son intimité : Emile, pas vraiment montré sous son meilleur jour et Alexandrine, la combattante, tous deux figures de l'Histoire, mais aussi simples êtres humains, si exceptionnels par leurs qualités, et leurs défauts.
Ce roman, c'est juste la vie de quelques personnages célèbres, mais c'est beau. Alexandrine Zola était surtout une femme qui aimait profondément son époux, elle fit preuve d'abnégation, d'un respect infini, et malgré les affronts, même si Emile était talentueux (il est mon écrivain classique préféré), c'est elle, la Flamboyante.