vendredi 31 octobre 2025

J'AI LU : MEURTRES ET CARROT CAKE

 


Les Enquêtes d'Hannah Swensen
Tome 9
Meurtre et Carrot Cake
Joanne Fluke

Editons Points/Le Cherche-Midi

Policier - Cosy-Mystery

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

C'est toujours un plaisir de se retrouver à Lake Eden en compagnie d'Hannah, notre pâtissière préférée, et de tout le village. On sait qu'un meurtre va être commis, et comme je ne regarde jamais les 4e de couverture afin de ne pas savoir qui sera tué, la surprise est totale, même si on s'en doute un petit peu cette fois-ci...  
Et ainsi va la vie à Lake Eden, on trouve un cadavre, on enquête, et on trouve le coupable. "On" c'est Hannah, ses soeurs Andréa et Michelle, son ami Norman Rhodes, et parfois Delorès, la maman des trois filles Swensen. Et bien entendu, on trouve toujours avant la police, parce qu'on est beaucoup plus efficace. La police, qui n'est autre que Mike Kingston, le second ami d'Hannah et Bill, le beau-frère de celle-ci. On prend énormément plus de risques, on est beaucoup plus téméraire et plus futé pour arriver à nos fins. De plus, celles et ceux qui ont quelque chose à dire se confient plus facilement à Hannah qu'à la police. Le scénario ne change pas et pourtant le lecteur adore et en redemande, même des facéties de Moshe le chat !
Par contre, chère Hannah, un jour, il faudra choisir, soit Mike le policier, soit Norman le dentiste. Mais il se pourrait peut-être qu'un troisième larron entre en scène et devienne l'élu du coeur d'Hannah, sinon à quoi rime ce triangle amoureux qui stagne et piétine ? Je n'aime pas les romances, donc c'est peut-être moi qui trouve ce détail soporifique.
Quant aux recettes si généreusement offertes entre les chapitres, oh my God ! Les tester oui, car elles sont gourmandes, mais sans utiliser les additifs et colorants recommandés dans la liste des ingrédients (ou même le sucre dans les sauces). Hannah Swensen est une pâtissière américaine, (avec les défauts de la cuisine américaine) pas anglaise, ni française, mais on l'aime bien quand même ! 

Quelle bizarrerie que ce titre avec le carrot cake, patisserie plutôt automnale, aux évocations épicées des merveilleux paysages et atmosphères de cette saison : mais non, le roman se déroule pendant l'été... Petite interrogation qui n'influe en rien sur mon avis.

vendredi 17 octobre 2025

J'AI LU : LE VOLEUR D'ART


Le Voleur d'Art
Une Histoire d'Amour et de Crimes
Michael Finkel

Editions Maschialy - 10/18

Biographie - Témoignage 


MON AVIS
(Sans Divulgâcher)
 

Un grand manteau et un couteau suisse pour dévisser, c'est tout ce dont ce voleur d'art a besoin pour déposséder les musées, les églises ou les châteaux de leurs trésors légitimement acquis. Un voleur dont la motivation est d'entasser, de voler pour entasser chez lui. Il vole tout et n'importe quoi, pourvu qu'il vole et ce triste sire existe, il se nomme Stéphane Breitwieser, assisté dans ses forfaits par sa compagne Anne-Catherine Kleinklaus. Pendant plusieurs années, ils ont dévalisé des musées de Suisse, de France, de Belgique, d'Allemagne et des Pays Bas, jusqu'au jour où l'OCBC fut enfin sur leurs traces. Sur la 4e de couverture on promet au lecteur "une enquête au scalpel et un sacré polar", fausses promesses, je me suis fait berner et me suis ennuyée de A à Z dans la "biographie" de ce voleur aussi inintéressant que dénué d'amour pour l'art. Il vole tout : des balances, des plats en faïence, des hallebardes, des tableaux de maîtres, des figurines, des tabatières... Son larcin disparaît dans les pans de son long manteau, on se dit que c'est un peu gros pour que personne ne s'en aperçoive, qu'une caméra va le repérer, ou un gardien à l'œil affûté, et bien non ! Ça passe. 

Quant à la mère de ce voleur qui jette des œuvres d'art dans un canal pour disculper son fils, c'est écœurant. Oui, si nos églises de campagne sont fermées, c'est à cause de gens comme eux, qui n'hésitent pas à voler des œuvres pies et à les balancer dans la nature pour ne pas qu'on les retrouve. Si vous vous attendiez aux aventures d'un Arsène Lupin doté de bon sens, d'élégance et de raffinement, passez votre chemin, achetez un autre livre, pas celui-ci. 

mercredi 15 octobre 2025

J'AI LU : LE CABINET DES ILLUSIONS : ENQUÊTE A VIENNE 1902


Le Cabinet des Illusions
Enquête à Vienne 1902
Jean-Luc Bizien
Editions Maison Pop

Roman Policier Historique - Thriller

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)


Un roman aussi captivant méritait bien cette jolie couverture (inspirée par les véritables affiches de Chung Ling Soo), car il est aussi admirablement réussi qu'un tour de cartes ! 

L'histoire s'appuie sur la vie de personnages qui ont réellement existé, à commencer par le héros principal : William Ellsworth Robinson (1861-1918), un illusionniste américain qui, pour briller de manière magistrale dans ce monde impitoyable de la magie, se faisait passer pour un Chinois, et avait pris pour nom Chung Ling Soo (et ceci pour prétendre être aussi fort que le magicien chinois Ching Ling Foo 1854-1922, célèbre aux Etats-Unis, qu'il ne cessera de défier tout au long de leurs carrières respectives). 

Dès les premiers chapitres, on apprend la double vie du magicien qui a mis sa véritable identité de coté. Les renoncements sont son quotidien afin de devenir ce magistral artiste chinois si admiré. Tout s'emboite en faux-semblant, tout est artificiel, y compris sa famille, composée par Olive "Dot" Path Robinson (1872-1934), son épouse et partenaire sous le nom de Suee Seen, et "leur" enfant, qui est en réalité la fille de son régisseur, le magicien Frank Fukada Kametaro (1875-1946).

C'est à Vienne, dans la capitale autrichienne, que William Robinson a implanté son cabinet des illusions. Au fil des représentations, il suscite la fascination du public. Mais il devra prouver son innocence lorsqu'un horrible événement survient à la fin d'un de ses spectacles. Ce sera en compagnie de l'inspecteur Mayer, à qui il devra révéler son secret et sa véritable identité que William alias Chung Ling Soo, participera habilement aux investigations afin de se disculper. Il apportera ainsi son oeil perspicace habitué aux tours de magie, pour faire la lumière sur cet étrange assassinat. 

La narration est belle, fluide, riche et précise. Le roman est parfaitement documenté sur les lieux, la ville de Vienne, l'Histoire et les personnages historiques. La psychologie des protagonistes est méticuleusement épluchée, Les héros sont attachants, l'atmosphère est tendue, et même tragique lors d'un certain événement. Si la première partie est réservée à la présentation des personnages et du décor, c'est dans la seconde partie du roman que l'intrigue emporte magistralement le lecteur. 

Bref, le mystère est total, mais tout se rejoint à la fin de l'enquête, nous avons affaire à un superbe tour de passe-passe, que l'on pressent tout de même un peu avant le dénouement final. 
Ce roman est le premier d'une série d'enquêtes avec ce magicien et son équipe, je sais déjà que je n'en raterai aucune.

It's a kind of magic! 

jeudi 2 octobre 2025

J'AI LU : JULES ET LA CREATURE DU LAGON


Jules et la Créature du Lagon
Jean-Luc Marcastel

Didier Jeunesse Editions

Littérature Française - Steampunk - Littérature Jeunesse

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Un voyage très immersif, passionnant et touchant dans le Paris de 1900... 
L'aventure commence chez Lilou, une jeune adolescente dont le papa est décédé il y a peu de temps. Elle vit avec sa mère et le frère que personne n'aimerait avoir. Obligés de vendre leur appartement parisien, ils ont emménagé dans une ancienne maison de famille qui recèle des trésors que Lilou va avoir le bonheur de découvrir dans le grenier... Je ne vous dis pas comment... Et c'est avec elle, et grâce à elle, que le lecteur fera la connaissance de Jules, de son oncle Archibald et de Maurice, leur majordome mécanique, qui vécurent dans cette même maison au début du vingtième siècle. 
Jules et son oncle préparent une invention révolutionnaire pour l'Exposition Universelle d'avril 1900. Ce sera donc avec Jules que nous allons entrer dans une bien étrange aventure, où le courage du jeune garçon sera mis à l'épreuve, guidé par celui d'une curieuse jeune fille venue de très loin jusqu'au bord de la Seine, à la poursuite d'une statue cachée dans les pavillons des colonies. L'histoire est extrêmement bien documentée sur l'époque, sur les structures exubérantes de cette Exposition. Et le lecteur va être entrainé bien au-delà d'où il croit aller, avec toute la magie que l'auteur avait dans sa plume. 
Sur fond de réflexion sur le colonialisme, ses outrances et ses dégâts, on entre dans un récit fantastique aux belles valeurs, avec en passant, un extraordinaire hommage aux univers d'Howard Phillips Lovecraft, de Jules Verne, d'Herbert George Wells... Et l'on ne s'ennuie pas une seule seconde ! 
Et qui connait un petit peu l'auteur, ce dont j'ai l'immense honneur, comprend que l'un des personnages dont il parle au début de l'histoire, fait référence à son propre papa, qui lui a donné le goût de la lecture, et par delà, celui de l'écriture.
Pépite à lire de toute urgence, quel que soit votre âge !