mercredi 13 janvier 2021

UN LIVRE, UN THE...


Harley King
Tome 1
Là où Pleurent les Âmes
Patrick Mc Spare
Editions Scrinéo
Urban Fantasy - Policier

Thé Dammann Frères : Mon Petit Chocolat



Après 3 lectures décevantes, il était grand temps "de rallumer les étoiles" comme disait Apollinaire. Et je suis tombée sur LA lecture qu'il me fallait : Harley King ! Cela faisait plus d'un an que ce roman patientait dans ma pile à lire, j'ai décidé d'enfin jeter mon dévolu sur lui, grand bien m'en a pris, je le dévore, je l'ai presque terminé ! C'est plein d'humour, un humour fin, une intrigue bien ficelée contée par une plume efficace, tout ce qu'il faut. On en reparle très très bientôt dans une chronique...

dimanche 10 janvier 2021

J'AI LU : L'APPEL DE CHTULHU


L'Appel de Cthulhu
Howard Phillips Lovecraft
Editions Points
Fantastique - SF 

 

Les documents retrouvés dans les biens hérités de son grand-oncle, mort dans de mystérieuses circonstances, vont mettre l'anthropologue Francis W. Thurston sur la voie d'une terrible vérité : tapis au fond de l'océan, dans la cité de R'lyeh, l'infâme Cthulhu sommeille en attendant d'imposer son règne sur la terre, tandis que ses disciples, réunis autour d'un culte secret, préparent son retour. 

L'oeuvre fondatrice du mythe de Cthulhu, un univers de fiction prolongé par de nombreux auteurs de littérature fantastique.


Une narration originale : Francis Thurston, le neveu d'un grand professeur raconte les recherches de son grand oncle en décortiquant ses archives cachées, ses analyses ainsi que des témoignages attestant l'existence de la secte qui vénère Cthulhu, cette épouvantable bestiole cosmique. 

Thurston n'est donc pas le personnage principal mais le narrateur de cet ouvrage divisé en trois parties, trois temps forts pendant lesquels, l'auteur n'hésite pas à bien augmenter le taux d'angoisse... jusqu'à la noirceur, ce que j'ai nettement moins apprécié. 

Tout commence par les délires d'un artiste profondément dérangé, s'ensuit une opération en force dans les bayous de Louisiane où l'on pratique une sorcellerie malsaine, et enfin : une sortie en mer vers l'endroit le plus éloigné de toute terre, voyage dont les marins ne reviendront pas. ce sont les trois parties où le délire monte crescendo.

Cette nouvelle sans dialogue, sans échanges directs entre les personnages, fait que je ne suis pas vraiment entrée dans l'histoire sans compter ma répugnance devant ces adorateurs complètements fous (j'ai failli abandonner ce livre). Cette folie, cette noirceur, m'ont fait accélérer ma lecture, quelque peu en diagonale, donc à l'évidence, je l'ai très très moyennement aimée.

J'avais entendu du bien sur Lovecraft, mais un avis positif, ce ne sera pas pour ce livre là...

Un mot sur le travail éditorial : la couverture dorée à la belle harmonie de couleurs de ce livre format poche est vraiment très réussie, totalement en accord avec l'époque de Lovecraft, fantastiquement art-déco et science-fiction du début XXe...

samedi 9 janvier 2021

J'AI LU : L'ÎLE DU CRANE



L'Île du Crane
Anthony Horowitz
Editions le Livre de Poche
Fantastique Jeunesse


David Eliot vient d'être renvoyé du collège et cette fois ses parents ont décidé de sévir ! Il se retrouve dans une école bien étrange, sur la sinistre île du crâne, au large de l'Angleterre. Très vite, il soupçonne le pire. Mais il est encore loin de la vérité... 


MON AVIS
(Sans Spoiler)

Anthony Horowitz a publié son ouvrage avant celui de JK Rowling, et comme dans Harry Potter, on se retrouve dans une école de sorciers. Mais rien à voir avec Harry Potter ! Car si j'avais tout de suite "accroché" avec l'histoire du célèbre jeune sorcier, l'univers de l'Île du Crane n'a rien à voir avec la pépite HP. 
Pourquoi cette comparaison ? Parce que nombre de lecteurs s'ingénient à comparer les 2 ouvrages, sur le même thème, mais le roman d'Horowitz étant paru quelques années avant le 1er tome de HP, ils supputent quelques idées fauchées par JKR. On retrouve quelques éléments, c'est vrai, mais je maintiens :  les 2 romans n'ont rien à voir l'un avec l'autre ! Ne vous laissez pas avoir par l'illustration de couverture !

On fait la connaissance du jeune David Elliot, cancre de la pire espèce, il déteste les livres, et n'est pas attachant pour le moins du monde. Ses parents pourraient se comparer à l'oncle et à la tante de Harry, ils sont tout aussi stupides, mais les situations sont nettement moins drôles on ne parle que de châtiment (le père menace son fils de le pendre par les pieds, de lui faire boire de l'essence parce qu'il est renvoyé d'un collège...la mère reçoit des coups par son mari qui ne voit pas qu'il l'a blessée, qui lui a enfoncé un couteau dans la peau, ni qui lui a roulé dessus avec son fauteuil de paralysé, vous voyez l'ambiance ? C'est sensé passer pour de l'humour ?). 
De toute façon, rien n'est gentil dans ce livre, il n'y a pas de bienveillance et l'univers magique est très peu développé ainsi que la psychologie des personnages.

On expédie donc David, notre héros, sur l'île du Crane, un pensionnat où les professeurs sont louches, ils font limite peur, où les élèves disparaissent la nuit, bref, j'ai dit "sans spoiler"...
 
Dans le train qui l'amène sur l'ile, David fait la connaissance d'une fille et d'un garçon de son age, Jill et Jeffrey, ils décideront de quitter cette ile au plus vite. 
Et dans ma petite tête, j'ai pensé qu'ils allaient se plaire sur cette ile, qu'ils allaient forcément changer d'avis car ils allaient vivre des aventures extraordinaires et la vie qui les attendait était forcément géniale. Et bien pas du tout ! On entre dans cette école en signant de son sang, et on vous écorche pour que vous puissiez y parvenir... Le lecteur n'assiste même pas aux cours de magie, rien du tout. Il n'y a pas de magie.

Ce roman est glauque, sombre et malveillant, absurde, l'histoire brouillonne, peu crédible, et l'atmosphère quasi malsaine. Bref, j'arrête là, cette lecture est une véritable déception. 
Ne mettez pas ce livre entre toutes les mains, vous allez angoisser vos enfants.

vendredi 8 janvier 2021

J'AI LU : LE MYSTERE DE LA LOGIA


Justan Lockholmes
Tome 1
Le Mystère de la Logia
CD Darlington
Editions Betapublisher
Policier

Détective de renom, Justan Lockholmes est une pointure. Aucun coupable ne lui échappe et sa vérité triomphe toujours ! Pourtant, lorsqu'une certaine Elisabeth Smith, une jeune femme à la vie des plus banales, met tragiquement fin à ses jours, rien ne va plus. Un cas insoluble, des éléments sans le moindre sens, un assistant à la vivacité toute relative et une touche de latin. Voilà que la vie du jeune Justan bascule et que tout se complique !


J'ai tout d'abord plutôt bien aimé le ton de ce roman, sans à priori, mais au fil des pages, même si la lecture reste agréable, l'intrigue est devenue poussive. Elle piétine et s'égare pour se recentrer sur un final des plus loufoques bien qu'intéressant s'il avait été traité autrement. Quant à l'humour, on frise la farce style Laurel et Hardy, j'aurais aimé plus de finesse. Les descriptions d'enchainements d'action ne sont pas toujours clairs. Peut-être le texte n'est il pas assez travaillé...

On fait la connaissance de Justan Lockholmes, (oui comme Sherlock Holmes, un petit dérivé, exactement comme l'autrice a choisi le pseudo de CD Darlington en hommage certainement à Cyril Dean Darlington, le biologiste et généticien britannique) et comme pour Sherlock Holmes, un commissaire de police va mettre des bâtons dans les roues de notre enquêteur. Ici, ce sera le commissaire Tabloïde (c'est son nom), il trouve notre héros complètement écervelé, mais lui-même se montre d'une telle stupidité que l'humour ne fait même plus mouche.

Justan Lockholmes disais-je, (mais ce n'est pas son prénom car il s'appelle Jérôme) est un jeune détective surdoué, aimé des femmes et des journalistes, homme misogyne et prétentieux, mais pas vraiment antipathique malgré son égo surdimensionné. Il manque simplement de classe, la véritable classe que pourrait avoir un détective anglais, voire un agent 007. Et à ce propos, la secrétaire du commissaire Tabloïde se nomme Miss Gabrielle Miniponey (référence à Miss Moneypenny, la secrétaire de M dans les romans de Ian Fleming). Notre héros n'a même pas la politesse de ne pas s'emporter contre son majordome... Le parfait butler qui ne rechigne devant aucune tâche ingrate ou laborieuse que lui impose cet enfant gâté, comme ranger en un record de temps tout ce qu'il a balancé par terre...

Le commissaire Tabloïde va donc encombrer notre détective d'un subalterne, prénommé Yvan Beaufort, (je dis bien "prénommé", car son nom c'est encore autre chose...) aux tournures de phrases et au français exagérément sous développé, mais c'est un personnage attachant et plutôt malin par moments (un ersatz du Dr Watson ?). Miss Miniponey est aussi un personnage sur lequel notre héros peut compter... Bref, Justan Lockholmes est très bien entouré, heureusement pour lui... et pour l'enquête. Quant à l'intrigue qui se faufile vers un étrange monde secret, si elle part d'une excellente idée, son récit est inégal, c'est dommage...

Et encore ces fautes d'orthographe qui ne me font pas sourire du tout, un ouvrage ne devrait en contenir aucune, pour exemple, page 75, le subjonctif, "faites que je meurs" au lieu de "faites que je meure". 

Je n'en rajoute pas, cette lecture est hélas une déception.

jeudi 7 janvier 2021

J'AI LU : LA FABRIQUE DE POUPEES


La Fabrique de Poupées
Elizabeth MacNeal
Editions Les Presses de la Cité
Roman Historique - Suspense 



La liberté est une chose précieuse. Londres, 1850. L'Exposition Universelle va bientôt ouvrir ses portes dans le tout nouveau Crystal Palace, et les badauds se pressent pour venir admirer cette merveille. 
Parmi eux, Iris, modeste employée dans un magasin de poupées, à la beauté mâtinée de difformité, qui rêve de devenir artiste peintre. Et puis il y a Silas, taxidermiste amateur de macabre et de curiosités, désireux d'y exposer ses créatures. Ces deux-là se croisent, et leurs destins en seront à jamais bouleversés. 
Iris accepte bientôt de poser pour Louis Frost, un jeune peintre préraphaélite. Avec lui, le champ des possibles s'élargit, et le modèle, avide de liberté, découvre peu à peu l'art et l'amour. Mais c'est compter sans Silas, qui rôde non loin de là, tapi dans l'ombre, et n'a qu'une idée : faire sienne celle qui occupe toutes ses pensées, jusqu'à l'obsession...



MON AVIS
(Sans Spoiler)



Dans l'ambiance d'un Londres à la Dickens, on fait la connaissance d'Iris, une héroïne à l'esprit fin, intelligent, elle est peintre sur céramique, celle des visages et des corps de poupées. Elle est la soeur jumelle de Rose, qui coud les habits de ces même poupées. Rose est une jeune fille aigrie par les traces que la variole a laissées sur son visage et son corps. Iris, quant à elle, a une déformation dans son ossature. Elles travaillent toutes deux dans une fabrique de poupées destinées à des enfants nantis. 

Leur vie est éprouvante avec l'acariâtre madame Salter, à qui appartient l'atelier, mais Iris rêve de s'échapper de cette vie laborieuse et triste. Elle va rencontrer Louis Frost, un peintre préraphaélite, mouvement crée à l'époque, en 1848, par Millais, Hunt et Rossetti, elle va non seulement poser pour lui, mais devenir son élève.
Iris ne rêvera plus que de liberté et de peinture... et va se donner les moyens de parvenir à ses désirs, contrairement à Rose, totalement résignée et défaitiste.

Mais il y a aussi Silas, ce taciturne et odieux prédateur, fasciné par la mort. Il voudrait bien exposer ses macabres réalisations, et tourne autour d'Iris, grâce à l'habileté de la plume, le lecteur pourrait le plaindre par moments, mais ce ne fut pas mon cas. Puis il y a le gentil Albie, un gamin des rues très attachant, dont la dentition fait défaut et qui économise pour s'offrir de fausses dents. Il gagne sa vie en effectuant de petites courses pour diverses personnes. Cet enfant est le ciment des principaux personnages de ce roman.

Il y a cette histoire d'amour atypique, avec une tension croissante, une noirceur sous jacente qui monte, monte comme le suspense d'un thriller, pour un récit crédible, bien mené, bien maîtrisé, et plutôt original.
La psychologie des personnages est finement développée, même lorsque le lecteur se retrouve dans la tête de Silas, personnage psychiatriquement dérangé. Par moments, c'est "TimBurtonesque" (si je puis me permettre d'inventer ce terme).

Le Londres de 1850 est superbement décrit, il y a la saleté, le manque d'hygiene et la vie sombre et dégoûtante des bas-quartiers, la méchanceté, l'injustice, mais il y a la poésie de l'art...  On approche de l'Exposition Universelle, dont le Palais de Cristal émerveille déjà les Londoniens. L'atmosphère est immersive, subtile, tout est précisément dépeint, évoqué, de la Révolution Industrielle au monde de l'Art, aux techniques du dessin. Sans oublier le goût des gens de ce temps-là pour les cabinets de curiosité, les animaux empaillés... C'était glauque à souhait.

Mais l'accent est surtout mis sur la condition féminine. La femme, à cette époque, n'avait pas le droit de rêver, et surtout pas de réaliser ses rêves, de s'émanciper, d'être talentueuse, ambitieuse, amoureuse, considérée, respectée, ni tout simplement de vivre, ni d'être totalement libre.
Il y a quelques temps j'avais lu La Muse, la vie de Lizzie Siddhal, artiste préraphaélite et modèle de Rossetti, dont l'histoire était contée par Rita Cameron aux éditions Milady, l'autrice parle de cette belle rousse à la longue chevelure, ma lecture m'a fait penser à cet autre roman lui aussi dans le milieu des artistes préraphaélites.

Je ne pensais pas apprécier autant cette histoire, malgré ses passages morbides, j'avais été surtout attirée par la jolie couverture, pourtant parfaitement explicite une fois le roman terminé : la beauté sous cloche...

Une belle oeuvre, servie par une belle plume...

⭐⭐⭐⭐

samedi 2 janvier 2021

J'AI LU : VENISE


 Venise
Jirô Taniguchi
Editions Casterman
Manga - BD - Aquarelle


Un manga à l'aquarelle par l'auteur de Quartier lointain Un homme arpente Venise hors des sentiers touristiques, sur les traces de son histoire familiale. Il se surprend parfois à flâner, se perd le long des canaux, s'arrête pour observer. A mesure que les brumes se dissipent, c'est une nouvelle cartographie de la Sérénissime qui se dessine : contemplative et intrigante, majestueuse et intime.

MON AVIS 
(Sans Spoiler)

Un livre qui se regarde plus qu'il ne se lit...
Les aquarelles du mangaka Jirô Taniguchi emmènent le lecteur à travers Venise sur les traces des ancêtres du personnage principal, grâce à de somptueuses aquarelles. Il est vrai qu'écrire plus aurait été superflu, bien que la poésie ne soit hélas pas dans le texte mais dans les illustrations découpées comme une BD pour la plupart. C'est le seul bémol car les dessins sont superbes, précis et délicats. 
Quête et enquête dans la Cité des Doges, où l'on découvre au fil des illustrations une certaine zenitude due à l'admiration que portait l'auteur à Venise. En bref, cet ouvrage est magnifique, pas seulement pour les amoureux de la Sérénissime.


⭐⭐⭐⭐






MEILLEURS VOEUX

 


(c)Yacek Yerka


Bien que j'ai déjà échangé des voeux avec la plupart d'entre vous, sur Facebook ou Instagram, je vous souhaite ici une merveilleuse année livresque, remplie de découvertes... 
Belles lectures ! 
Et délicieuses tasses de thé ...