samedi 11 avril 2020

J'AI LU : LE RÊVE DE LA LICORNE


Le Rêve de la Licorne
Martine Hermant
Editions Créer
Fantasy



Ménuisel des Bois d’Hélode répond à un mystérieux appel qui va l’entraîner dans une aventure incertaine, où sa fonction de prêtresse de l’elme risque d’être mise à contribution dans de redoutables épreuves. Arvorc d’Ort le mercenaire, Odiem-Quin le voleur, Gwerdan de Falc’hon, à demi-humain, Ficheroc le nain et un grand loup d’érèbe seront ses compagnons de voyage dans la recherche d’une opale mythique ayant appartenu à Esthajiuz, le sorcier légendaire. 
Un groupe d’aventuriers, un trésor, une quête : Martine Hermant prend plaisir à revisiter un grand classique pour l’acheminer vers une finalité initiatique qui l’est beaucoup moins. Elle s’inscrit dans la tradition romanesque des auteurs féminins de Fantasy qui apportent quelques grammes de délicatesse dans ce monde de brutes guerrières.

MON AVIS
(Sans Spoiler)

La magnifique couverture parle déjà d'elle-même, il s'agit d'une illustration d'Anne Stokes, dont j'admire le talent depuis un bon moment. Quel joli choix éditorial ! 

Dès la première page, un récit captivant nous entraîne dans une épopée de la plus pure Fantasy. Même si la trame reste classique, on se laisse conduire dans cette belle aventure, emporté par une plume experte et inspirée, elle coule, fluide et précise, dotée d'un bel imaginaire à l'inspiration médiévale. 

Menuisel du Bois d'Hélode, notre héroïne, est une phurana, (un peu prêtresse, un peu magicienne) elle reçoit l'Appel de l'elme et se retrouve en compagnie de cinq compagnons pour mener à bien son voyage vers un trésor mythique (Coup de coeur pour le beau ténébreux de l'équipe : Odiem-Quin). 

Une phurana, un mercenaire, le frère d'un roi, un voleur, un nain et un loup d'érèbe, chacun a ses qualités et ses spécialités afin de mener à bien cette quête. Je n'en dis pas plus : jamais de spoiler dans mes chroniques, je veux juste donner l'envie à un futur lecteur d'aller acheter le livre sur le champ, parce que tout amateur de Fantasy de très belle qualité ne lâchera sa lecture qu'une fois le livre terminé. Le voyage est magnifique, la poésie et l'émerveillement sont là, jusqu'au point final.

L'histoire est bien construite, le rythme prenant, il n'y a pas de temps mort, on visualise très bien les tableaux, les actions, les paysages. La psychologie des personnages est aboutie, ils sont tous attachants, avec leurs doutes, leurs peurs, leurs qualités et leurs défauts, par contre, le comportement du nain est légèrement cliché. Les descriptions des lieux sont particulièrement percutantes, c'est un univers enchanteur joliment élaboré, rempli de créatures oniriques, de sortilèges, de légendes, de trésors et de magie.

Les noms des personnages et les mots inventés sont particulièrement poétiques, comme l'Opale noctilune, ou le "conciliâme" : action de se connecter à une âme animale ou autre être vivant. Je n'avais même pas fait attention qu'il y avait un lexique, je ne l'avais pas cherché, tant ces noms et ces termes n'avaient pas besoin d'explication, on les comprend tout de suite...
  
Un grand merci à Martine Hermant pour ce si beau voyage écrit avec subtilité et pour sa chaleureuse dédicace aux strass violets. 

samedi 4 avril 2020

J'AI LU : LA MACHINE DE LEANDRE


La Machine de Léandre
Alex Evans
Editions ActuSF
Steampunk



Constance Agdal, excentrique professeur de sciences magiques, n’aspire qu’à une chose : se consacrer à ses recherches et oublier son passé. Malheureusement, son collègue disparaît alors qu’il travaillait sur une machine légendaire. La jeune femme le remplace au pied levé et fait la connaissance de Philidor Magnus, un inventeur aussi séduisant qu’énigmatique. Bientôt, une redoutable tueuse et un excentrique et un richissime industriel s’intéressent à ses travaux, sans oublier son assistant qui multiplie les maladresses et un incube envahissant…


MON AVIS
(Sans Spoiler)


Mais quel bel imaginaire ! Quel bonbon ce livre ! Je n'avais pas terminé la première page de cet ouvrage que déjà, j'admirais l'univers steampunk et la poésie inventive de ce roman. C'est original sans être farfelu, c'est intéressant et intelligemment créé. J'aime particulièrement les noms des personnages.

On fait la connaissance de Constance Agdal, professeure de sciences magiques et membre de l'élite intellectuelle et académique à la Faculté de Tourmayeur. 
Le roman commence au moment où la magie fait sa réapparition en ce monde, après avoir disparu un certain temps.  Notre héroïne tente de la canaliser, de condenser les ondes du Pouvoir dans des appareils. Un de ses collègues, le professeur Dowell, disparaît au moment où ses recherches deviennent dangereuses. Un démon apparaît en pleine ville et une employée du Magistère débarque dans son laboratoire pour presser de questions notre héroïne. Ces événements dispatchés ont tous un lien, bien entendu...
Evidemment, Constance va être emportée dans une aventure et des péripéties qui la dépassent un petit peu, mais elle sera parfaitement secondée par un collaborateur à l'esprit vif et avisé, qui va obtenir son aide afin de terminer une machine à tresser les sorts... 

Constance est une héroïne intelligente, intéressante, réfléchie, émotive aussi, mais qui ne panique pas pour autant. Tous les personnages sont très bien construits, avec un soin tout particulier.
Ce roman est bien rythmé mais hélas beaucoup trop court, (180 pages), il dévoile trop vite ses secrets, l'intrigue n'est pas assez malicieuse à mon avis, mais l'alchimie fonctionne pourtant, sans compter un petit retournement de situation qui parvient à surprendre le lecteur.
La plume est jolie et j'aurais bien aimé baigner un petit peu plus longtemps dans cet univers magique et steampunk que j'ai a-do-ré.


A la Machine de Léandre, suit une excellente nouvelle : la Chasseuse de Livres, un récit trépidant, riche en rebondissements, dans le même univers que la Machine de Léandre.

L'héroïne se nomme Cassandra de Galata, une princesse, une vraie, avec une belle dimension féministe et une intelligence plutôt fine. La voici chargée de retrouver un vieux grimoire... 
On plonge dans une histoire à la Indiana Jones dans une quête ténébreuse, avec des "empêcheurs d'avancer plus loin" sans compter "ceux qui mettent des bâtons dans les roues"...  On la suit à son insu, on la sous-estime, on la trahit, on la trompe, on croit se jouer d'elle... Cette excellente histoire m'a tenue en haleine tout au long de ma lecture. Malgré une fin un petit peu rapide, j'ai vraiment aimé cette nouvelle steampunk.

Bref, à la question "Conseilleriez vous ce livre ?" je réponds oui sans hésiter.



mardi 31 mars 2020

UN LIVRE, UN THE...


Lud en Brume
Hope Mirrlees
Editions Le Livre de Poche
Fantasy

Thé Dammann Frères : Fukuyu Mytille
Pâtisserie Llinarès Aurillac

(Photo prise avant le confinement, 
je ne vais pas au Centre-Ville en ce moment... )



Lud-en-Brume... Lud-in-Mist pour le titre original, fut écrit en 1926 et oublié depuis, quel dommage ! C'est l'histoire d'un pays imaginaire et c'est plein de poésie ! L'un des premiers romans fantasy de la littérature écrit par une femme, Hope Mirrlees.  Quand j'en ai entendu parler, le titre m'a tout de suite plu, je ne sais pas pourquoi, il est joli, mystérieux...

Vous aussi, vous succombez à un roman juste pour son titre ? 
Allez, je le termine et je vous raconte tout. 

dimanche 22 mars 2020

J'A LU : SHADOWSCENT


Shadowcent
Le Parfum de l'Ombre
P.M. Freestone
Editions La Martinière Fiction
Fantasy


Dans l'empire d'Aramtesh, les parfums, sacrés, sont l'objet de toutes les convoitises. Avec son nez affûté et sa grande connaissance des senteurs, Rakel espérait devenir parfumeuse et gagner de quoi soigner son père malade. Mais le prince Nisaï est empoisonné et elle est accusée à tort... 
Obligée de fuir, Rakel doit absolument découvrir l'antidote au poison qui a plongé le prince dans le coma. Ainsi, seulement, elle pourra laver son nom. Pour cela, elle devra s'allier avec Ash, le soldat envoyé sur ses traces. Ensemble, ils découvriront d'anciens secrets enfouis aux confins de l'empire – et au plus profond d'eux-mêmes. Mais parviendront-ils à déjouer la machination qui menace la paix fragile d'Aramtesh ?


MON AVIS
(Sans Spoiler)


Tout d'abord, un grand merci à Babelio et aux Editions de La Martinière Fiction pour l'envoi de cet excellent roman dans le cadre de l'opération Masse Critique.

Ainsi que le laisse supposer le titre, le récit se situe dans l'univers du parfum, un macrocosme orientalisé, dans un empire fantastique à la mythologie riche et superbement imaginée. J'ai vraiment beaucoup aimé ce monde parfumé, toute cette magie, cet univers habilement construit et très bien travaillé où mythe et réalité se confondent dans le coté occulte de l'Empire d'Aramesh, sa faune, sa flore, etc... Tout est distillé au fur et à mesure, sans entrée en matière trop introductive, et j'ai aimé cela. J'aime que l'on m'embarque tout de suite sans perdre de temps à planter le décor, je préfère le découvrir au fil de la lecture.

En alternance, nous suivons tour à tour deux protagonistes. Tout d'abord Rakel, orpheline de mère et parfumeuse dans l'âme, à l'odorat délicat et extrêmement développé, (un "nez" en quelque sorte, comme chez les créateurs de parfums) elle est aussi guérisseuse, et doit trouver un moyen de soigner son père atteint de la maladie appelée "pourriture", lui l'ancien commandant de la garde d'Aphoraï... Le second est Ash, un "Bouclier", une sorte de protecteur, auprès du prince héritier Nisaï. 
Nos deux héros vont se rencontrer assez vite lors de dramatiques événements, et fuiront ensemble afin de trouver l'antidote d'un poison inconnu. 

J'ai bien aimé Rakel, réfléchie et déterminée, bien qu'intrépide, et parfois tête brûlée. Ash est un peu moins attachant, bien que dévoué et plutôt silencieux, mais il est peut-être plus stéréotypé, en quelque sorte, pourtant l'on sent quelque chose de mystérieux chez lui, et l'intrigue qui occupe et unit nos deux héros est bluffante. 
Des questionnement apparaissent au fur et à mesure de la lecture, au fil de leur périple et de leur quête. Et comme on nous laisse tout de même sur un cliffhanger, (si si !) j'ai hâte de découvrir la suite ! 
La plume est très agréable à lire et sait où elle va, on prend un véritable plaisir de page en page dans cette galaxie très originale où aventure, magie, mystère et action ne quittent pas le lecteur. 
Un bémol ? Il n'y en a pas, ou alors peut-être ce coté un peu trop orientalisé, mais ce n'est pas un souci, c'est une belle histoire que je conseille à tous de lire car c'est un beau voyage...


mardi 17 mars 2020

UN LIVRE, UN THE...


Les Artilleuses
Tome 1 :
Le Vol de la Sigillaire
Pierre Pevel
Illustrations d'Etienne Willem
Editions Drakoo
BD - Steampunk
Thé Dammann Fraise-Pistache



Inutile de vous dire que l'on en reparle très vite, j'ai déjà lu cette petite pépite écrite par Pierre Pevel, où l'on retrouve tout l'univers de son Paris des Merveilles, que j'avais a-do-ré et dévoré, parce que c'est tout simplement génial. Quant aux illustrations d'Etienne Willem, c'est un régal ! 
Je lis rarement de la BD, mais je n'allais pas laisser passer l'univers de cette formidable trilogie à nouveau prêt à charmer le lecteur.
Vous aimez la BD ? 

Un petit aperçu... clic sur la photo pour agrandir...




Casting Fées : Miss Wintchester, Lady Remington et Mlle Gatling

A très vite ! 

mardi 10 mars 2020

UN LIVRE, UN THE...


Shadowscent
Tome 1 :
Le Parfum de l'Ombre
P.M. Freestone
Editions Scholastic
Fantasy
Thé Dammann Frères : Thé Vert Fraise Pistache


Un dépaysement total avec ce roman qui m'a été envoyé par les éditions Scholastic dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babelio. Une atmosphère orientale pour cet univers parfumé, très travaillé, passionnant à lire, on en reparle très très vite sur ce blog, dès que j'aurais terminé ma lecture... Mais j'ai trois lectures en même temps... Cela vous arrive-t-il à vous aussi ? 

mercredi 4 mars 2020

J'AI LU : LE MYSTERE MOZART


Le Mystère Mozart
Frédérique Jourdaa
Editions JC Lattès
Enquête


Jonas, pianiste et scénographe prodige, est sur le point de percer un mystère sur la vie et l’œuvre de Mozart qui pourrait bouleverser le monde de la musique. Lorsqu’on lui confie la mise en scène des Noces de Figaro à l’opéra Bastille, il y voit l’occasion de révéler sa découverte, même s’il doit pour cela retourner à Paris, où son meilleur ami Tamino a disparu dans des conditions tragiques. 
Obligé d’affronter les fantômes de son passé, Jonas apprivoise les rouages de l’opéra Bastille avec l’aide de Louisa, lumineuse cantatrice. Mais ambitions, intrigues et complots gangrènent la Maison plusieurs fois centenaire, où art et pouvoir se lient inexorablement. Bientôt, la course contre la montre avant la première devient, pour Jonas et Louisa, course-poursuite dans les profondeurs de la Bastille et du Palais Garnier. Car, comme sur scène, certains individus masqués sont bien décidés à étouffer le secret d’Amadeus… Une plongée vertigineuse dans l’univers de Mozart et de l’opéra...


MON AVIS
(Sans Spoiler)

Attention, ce roman est un époustouflant page-turner ! Si vous l'ouvrez vous ne pourrez, ni ne voudrez plus le lâcher ! 

Au début, si la plume ne m'a pas charmée, car confuse et saccadée, on va dire impressionniste, elle prend de l'assurance au fil des pages, et ce manque de clarté disparaît petit à petit. Car lorsqu'elle parle de l'oeuvre de Mozart, elle est totalement dans son élément. De toute façon, plus je lisais ce roman, plus je l'aimais... 


L'histoire, sur les traces de Mozart à Paris en 1778, est menée comme une enquête, le suspense monte et le lecteur s'y laisse prendre avec un véritable bonheur. Et puis il y a un vrai mystère sous-jacent, en filigrane... qui explose à la fin. Comme un thriller musical...

On fait la connaissance de Jonas et Tamino, (oui, comme le héros de la Flûte Enchantée de Mozart) motards et pianistes, en route pour le Palais Garnier où ils sont attendus pour une soirée privée et masquée. Brillante prestation de nos deux protagonistes, mais quelqu'un demande une divergente à une partition. Tamino n'y parvient pas et sort précipitamment de l'Opéra, prend sa moto, accélère car en colère, et tombe dans la Seine... 
Quelques mois plus tard, Jonas mettra en scène Les Noces de Figaro à l'Opéra Bastille. Et c'est là que commence notre enquête... 

Coup de chapeau à l'autrice, car sa culture et ses recherches sur la vie et l'oeuvre de Mozart sont impressionnantes. J'ai appris mille choses sur le musicien, notamment sur ses séjours à Paris et ses lieux de résidence dans la capitale. A l'époque, il n'était pas aussi célèbre qu'aujourd'hui. Sans compter la découverte totale de l'Opéra Bastille que je ne connaissais absolument pas, tandis que le Palais Garnier m'est familier, sa salle, son Grand Escalier, ses vestibules, sa bibliothèque, ses Rotondes, mais je ne suis jamais allée dans les coulisses ni jusqu'à la fameuse cuve, sur les traces du Fantôme de l'Opéra, c'est désormais virtuellement chose faite... Bref, j'ai adoré ces incursions et visites dans les deux bâtiments.

Le mystère s'épaissit d'une manière très subtile, le suspense monte crescendo, puis tout à coup, il vous interloque, vous épate, et vous abasourdit car la manière dont il stimule la lecture est remarquable. Au début, on ne sait pas à quoi s'attendre, on se laisse prendre au jeu, déjà par les détails historiques qui foisonnent tout au long du roman, j'ai beaucoup, beaucoup aimé cela.


Un énorme bémol cependant, une maison d'édition comme Jean-Claude Lattès ne dispose pas d'un excellent correcteur ou correctrice, les fautes de syntaxe sont légion dans la première partie de ce roman, c'est suffisamment pénible à la lecture pour le signaler ici. Un livre se doit d'être irréprochable à ce niveau.

Bref, si vous aimez la musique, l'oeuvre de Mozart, l'opéra, l'histoire et Paris, précipitez vous sur ce roman, je ne peux que le conseiller tant je l'ai aimé