mercredi 4 septembre 2024

J'AI LU : SHERLOCK HOLMES ET LE FANTÔME DE L'OPERA


Sherlock Holmes et le Fantôme de l'Opéra
Nicholas Meyer
Editions Archipoche

Policier


MON AVIS
(Sans Divulgâcher) 

Les réécritures ou des pastiches "à la manière de" ne sont pas toujours ma tasse de thé, mais là, c'est vivant, dynamique, c'est malicieux aussi, et même audacieux,  donc plutôt réussi. 
Il s'est écoulé trois ans, comme chacun sait, avant que Sir Arthur Conan Doyle ne ressuscite Sherlock Holmes, disparu dans les Chutes de Reichenbach en 1891. Mais pendant ces trois années, dites "le Grand Hiatus", le fin limier se cachait à Paris sous un nom d'emprunt. C'est le sujet de ce roman là, signé Nicholas Meyer dont la plume plutôt vive et agréable à lire, nous entraine dans cette période de la vie de notre cher détective, bien que sa personnalité soit un tout petit peu modifiée.
Alors que toute l'Europe le croit mort après sa disparition à Reichenbach, Holmes avait choisi Paris et pour gagner quelque peu sa vie, il se fit engager incognito comme violoniste à l'Opéra. Nous apprenons alors comment et pourquoi il dû faire face au mystérieux fantôme qui hantait le Palais Garnier (selon le roman de Gaston Leroux). Bref, j'ai purement adoré cette course contre la montre dans le Paris nocturne et souterrain. 
Grâce à ce document dicté par Holmes en personne à Watson qui, comme à son habitude, nous retranscrit l'histoire, nous retrouvons des similitudes avec le roman de Gaston Leroux, mais nous découvrons quelques aspects obscurs de l'affaire. Il manque quelques réponses, à la fin, mais l'auteur, tout à fait conscient, s'en tire par une pirouette.
Le lecture est addictive, Suspense assuré !
Je suis tombée par hasard sur ce quatrième volume dans ma librairie, et je vais m'empresser de commander les trois précédents, car ils sont, parait-il considérés comme les meilleurs du genre par les spécialistes holmésiens : La Solution à 7%, L'Horreur du West End et Sherlock Holmes et les Protocoles des Sages de Sion, tous parus chez Archipoche.


"Comme je souhaitais que vous fussiez là, mon vieil ami ! Vous n'êtes pas brillant, Watson, je l'ai souvent noté, mais vous savez conduire la lumière."

mardi 27 août 2024

J'AI LU : TUER EST UN ART

 


Tuer est un Art
Une Enquête d'Hippolyte Salvignac
Tome 3
Philippe Grandcoing
Editions de Borée EDS
Policier Historique

MON AVIS
(sans divulgâcher)

Si vous souhaitez voyager à travers l'Histoire et rencontrer quelques personnages qui ont marqué la France, les arts ou la littérature, plus qu'une intrigue trépidante de suspense, c'est bien une enquête d'Hippolyte Salvignac qu'il vous faut lire ! 
Notre enquêteur est un antiquaire, ami de l'inspecteur Lerouet de la police judiciaire, et ami de Georges Clémenceau. Il se voit confier, par le Tigre en personne, la mission de faire la lumière sur deux meurtres, qui n'ont, à priori, rien en commun. Le premier cadavre fut trouvé à proximité du jardin de Claude Monet à Giverny, et l'autre, dans l'appartement d'un artiste parisien. 
Plusieurs personnages historiques vont se croiser au fil des pages, on trouve même des aspects politiques à l'intrigue puisque l'affaire Dreyfus ressurgit lors de l'entrée au Panthéon d'Emile Zola, ce qui avait engendré des tumultes qui divisèrent à nouveau le peuple français. Le roman est particulièrement bien documenté, (l'auteur est historien), il est bien écrit, les descriptions des lieux sont minutieuses, et pourtant on ne s'immerge pas tout de suite et peut-être pas vraiment dans le récit, un peu surchargé en rappels historiques et en longueurs (et à mon humble avis, manque d'un peu plus de dialogues afin de le rendre plus vivant). Mais ce fut un bonheur d'entrer chez Claude Monet, en compagnie d'Hippolyte Salvignac et Maurice Leblanc, l'intrépide et très futé auteur d'Arsène Lupin, qui fait équipe avec notre antiquaire à un moment du récit. Il m'a juste manqué un petit peu de sel dans cette pourtant excellente idée d'intrigue à travers les oeuvres de Claude Monet.

Pour découvrir cette série policière, j'avais choisi ce tome 3 tout particulièrement parce que l'on y parle d'art, et que les noms de Monet et Giverny m'avaient attirée. La lecture est semblable à une carte postale historique, mais il est dommage que l'enquête soit placée au second plan, que le héros lui-même soit un peu trop centré sur sa vie personnelle, ce qui intéresse moins le lecteur, disperse le sujet central et rend l'histoire un peu hétéroclite...


Un mot sur le choix de l'illustration de couverture :
(voir le tableau dans son entièreté, plus bas ci-dessous)

Le Pont Neuf" est une magnifique huile sur toile de Jean Béraud, (1849-1935) l'un des célèbres artistes de la vie parisienne à la Belle Epoque. Le tableau fait partie d'une collection privée.
La scène est seulement un détail du tableau, elle est vue depuis le Quai du Louvre. En arrière plan, on y voit le quai de l'Horloge sur l'Île de la Cité avec, de gauche à droite, la Tour de l'Horloge, une tour du Palais de Justice,  le dôme du Tribunal de Commerce, les bâtiments et les tours de la Conciergerie, (Tour César et Tour d'Argent, et à droite, la Tour Bonbec) vestiges du Palais Royal de Philippe le Bel, et la flèche de la Sainte-Chapelle. 
Au second plan, Le Pont Neuf, rempli de passants, (on y voit aussi un fiacre), est le plus ancien pont de Paris, construit à la fin du seizième siècle et au début du dix septième à la pointe de l'ile de la Cité. Ce célèbre pont fut voulu par Henri III, mais fut inauguré par Henri IV, d'où la présence de la statue de ce roi sur le pont. 
Tandis qu'au premier plan, le trottoir du quai montre une passante élégante, un enfant, un chien qui appartient certainement à l'homme au chapeau haut de forme, un homme avec un journal, un livreur de charcuteries ou patisseries, un homme en blouse, certainement un ouvrier, mais Béraud peignait surtout des bourgeois, (sa fidèle clientèle) et puis des hommes penchés au dessus de l'actuelle voie Georges Pompidou, sans oublier le kiosque à journaux. Apparemment il se passe quelque chose sur le quai, en dessous...
Le scène semble se passer à la fin de l'été ou au début de l'automne, à cause des quelques feuilles mortes sur le trottoir, et des arbres encore verts, mais qui tendent à se colorer.

Cette intention pour la couverture relève du fait que le détective est un antiquaire parisien, une oeuvre de Jean Béraud, peintre du Paris de la Belle Epoque, fut donc choisie, bien qu'une toile du jardin de Giverny de Claude Monet, notamment ses nymphéas, aurait été une excellente alternative.


Jean Béraud
Le Pont Neuf
vers 1880
Collection Particulière


lundi 19 août 2024

J'AI LU : MEURTRE EN PLEIN CIEL


Les Enquêtes de Lady Hardcastle
Tome 7
Meurtre en Plein Ciel
T.E. Kinsey
City Editions
Policier - Cosy-Mystery

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)


Harry, le frère de notre chère lady Hardcastle, comme on le sait déjà, travaille dans les Services Secrets. Il charge sa soeur et Florence Armstrong de se renseigner, sans en avoir l'air (mais ça, elles savent faire), auprès d'une usine de construction aéronautique en prétextant l'achat d'un avion. La mort d'un pilote d'essai est étrangement suspecte... Il n'en faut pas beaucoup plus à ces dames pour accepter la mission, et ainsi s'apercevoir que ce n'est pas la seule chose qui cloche dans chez Bristol Aviation. Voici nos drôles d'enquêtrices dans le monde de l'espionnage, où les suspects en tout genre sont légion.

Je ne cache pas que cette série littéraire est l'une de mes séries policières préférées, encore une fois, ma lecture fut très agréable, bien que le rythme soit plus lent dans ce tome, j'ai trouvé le début un petit peu moins efficace que d'habitude, le suspense n'est pas tout à fait de même nature qu'une enquête sur un meurtre, mais l'intérêt perce néanmoins et au bout d'un moment, on ne lâche plus le roman. Il y a d'abord l'élaboration des plans prévus par nos deux enquêtrices et leur application, et surtout la dangerosité d'une certaine expédition nocturne pendant laquelle le lecteur attrape des sueurs froides pour cette mission. 
Le roman est bien écrit, précis sur les lieux, et l'humour est fin et léger, ce qui ne gâche rien.
Le tome précédent donnait déjà le ton, on y apprenait que l'espionnage avait déjà été la spécialité de lady Hardcastle et de Flo Armstrong par le passé.
La vie du village de Littleton Cotterel est aussi mise en avant dans ce tome, et nous parcourons la campagne anglaise au volant de la Rolls Silver Ghost de nos deux héroïnes qui se révèlent de redoutables espionnes au service de Sa Majesté.
 

vendredi 2 août 2024

J'AI LU : LE PORTRAIT

 

Le Portrait
Iain Pears
Editions 10/18

Thriller Historique


MON AVIS
(Sans Divulgâcher)


L'artiste britannique Henry McAlpine vit en France, en Bretagne, sur l'Île d'Houat. Il fut autrefois un jeune peintre ambitieux, aidé par son ami, le critique d'art William Nasmyth, féroce constructeur et destructeur de carrières à Londres, qu'il a invité chez lui afin de réaliser son portrait.

Petit à petit, au fil de ses pensées, l'artiste revient sur ses années de vie londonienne, les intrigues du monde de l'Art, la société et ses jugements, sa perversion et sa morale... On découvre les raisons pour lesquelles McAlpine voulait se retrouver en tête à tête avec Nasmyth.

Ce roman policier est très particulier, il est, en fait, un long monologue, ou plutôt un dialogue à une voix, comme un huis clos psychologique, une longue analyse sur les luttes intérieures des deux personnages, où la haine de l'un envers l'autre est justifiée.
La lecture laisse peu de respiration, mais le roman est brillant, malgré une certaine complexité. Je dois avouer cependant, que j'ai nettement préféré les autres romans policiers dans le monde de l'art de Iain Pears, avec ses héros d'enquêteurs, Flavia di Stephano et Jonathan Argyll.

mercredi 31 juillet 2024

J'AI LU : BRAS DE FER

 

Hamish Macbeth
Tome 12
Bras de Fer
M.C. Beaton
Editions Albin Michel

Policier - Cosy-Mystery

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)


En attendant la sortie du tome 23, j'ai le plaisir de rattraper la lecture du tome 12 que je n'avais pas encore eu le plaisir de découvrir. Retour en arrière donc, dans l'histoire de Lochdubh et dans celle d'Hamish et Priscilla.
Un nouvel arrivant nommé Randy Duggan,  ex-catcheur, brute épaisse et vantard de première catégorie, fait son show tous les soirs au pub. Le monsieur a tout fait, tout vu, tout entendu, tout pratiqué, tout vécu, au point de fatiguer son auditoire qui, pour avoir la paix, et sur une idée d'Hamish, s'en va occuper le bar du Tommel Castle Hôtel de Priscilla. La provocation est une seconde nature chez cet individu qui en vient à vouloir se battre en duel avec Hamish. Cependant, Duggan ne vient pas à ce rendez-vous tant attendu par le village entier, car son corps est découvert par l'un des habitants de Lochdubh. Bien entendu l'abominable inspecteur Blair ne va pas manquer de mettre Hamish en faute, mais celui-ci parviendra à se disculper et à pouvoir enquêter en sourdine, puis officiellement, afin de faire la lumière sur le crime de cet homme que tout le monde détestait et qui avait un différent avec quelques habitants de Lochdubh, mais ce crime pourrait bien en entrainer un autre...
Cette intrigue est un festival de rebondissements, certes, le schéma narratif persiste encore avec la dissonance entre Blair et Hamish, mais quelle enquête ! Hamish va devoir sortir de son secteur et user pour cela de mille ficelles auprès de ses supérieurs, et notre si attachant flic écossais va encore prouver qu'il est un enquêteur hors pair ! 

lundi 29 juillet 2024

J'AI LU : LE MYSTERE DE CALLANDER SQUARE



Le Mystère de Callander Square
Une Enquête de Charlotte et Thomas Pitt
Anne Perry
Editions 10/18

Policier Historique


MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Deuxième enquête de Thomas et Charlotte Pitt, beaucoup plus énergique, plus captivante que la première, mais néanmoins intrigue dépourvue de réel piquant où l'aspect sociétal apporte quelques lourdeurs au récit.
On retrouve Charlotte et Thomas, mariés depuis deux ans et heureux en ménage, lorsque l'on découvre les cadavres de deux nourrissons dans un parc londonien, Callander Square, où vit une population relativement huppée. Thomas doit enquêter auprès de tous les habitants autour du petit square, et "cuisiner" surtout les femmes de chambres, les majordomes, les cuisinières et les valets, car, on le sait bien, le personnel est toujours détenteur de secrets et de cachoteries à protéger des oreilles indiscrètes.
Mais dans ce milieu aux codes complexes, au conformisme exacerbé, qui ne veut rien laisser transparaître, Thomas a bien du mal à avancer dans son enquête. Charlotte va y mettre son grain de sel, mais c'est compter sans Emily, sa soeur, désormais mariée à lord Ashworth, qui a elle-même ses entrées dans les boudoirs mondains...
A mon grand regret, l'évolution de l'enquête n'est pas partagée avec le lecteur, elle se conclut en quelques pages, et le sujet principal revient toujours à la morale chrétienne de cette société beaucoup trop corsetée, en proie à cette violence de quasiment "vendre" les jeunes filles afin d'éviter le déshonneur d'une vie sans mariage. 
Le roman est bien écrit, dense, et bien documenté sur cette époque victorienne où les hommes se conduisaient de façon immonde envers les femmes domestiques. En quelque sorte, il redonne la parole à ces femmes abusées dont on n'hésitait pas à détruite la vie. 

lundi 15 juillet 2024

J'AI LU : LE MYSTERE JERÔME BOSCH


Le Mystère Jérôme Bosch
Peter Dempf
Editions Pocket

Policier Historique - Thriller

MON AVIS
(Sans Divulgâcher)

Hop ! On est tout de suite pris dans l'histoire, sans préambule car le délit d'un jet de vitriol sur une oeuvre a déjà eu lieu au Musée du Prado à Madrid. L'intérêt pour le roman débute fort bien, avec la restauration du "Jardin des Délices", triptyque de Jérôme Bosch, cet artiste très controversé de la Renaissance. C'est au restaurateur Allemand Michael Keie que l'on confie la délicate tâche, il est secondé par son collègue madrilène, Antonio de Nebrija qui remarque déjà des symboles cachés, révélés grâce au vitriol. Après agrandissements des photos, Keie va tenter de déchiffrer ces symboles, surtout après sa rencontre avec cet étrange prêtre Dominicain, l'auteur du délit.

Parallèlement, dans les Flandres de 1510, alors envahies par les horribles sbires de l'Inquisition, on y fait la connaissance de Pétronius Oris, en route pour rencontrer Jérôme Bosch à Bois-le Duc. Deux enquêtes se font écho l'une et l'autre, pour découvrir le secret de ce tableau...

Après un début fort plaisant, j'ai trouvé des longueurs à l'histoire, surtout les passages sous l'Inquisition. Certes, l'obscur mystère concernant le tableau pourrait susciter un excellent suspense, or, le sujet émergeant du récit est surtout l'emprise de la religion. Sans compter que le roman manque d'entrain, peut être à cause du style de l'auteur, truffé de redites. Par contre, l'érudition du récit est intéressante, grâce à la documentation foisonnante dont l'auteur a étayé son roman. Le tout mène à un final assez original.

J'y ai vu un petit clin d'oeil au célèbre Da Vinci Code, mais on n'est pas dans le même engouement de page-turner, ce mystère Jérôme Bosh est lent, très lent et moins captivant.